Ouverture des institutions : Benalilou prône une rupture avec la gestion isolée et un jugement sur les résultats

Ouverture des institutions : Benalilou prône une rupture avec la gestion isolée et un jugement sur les résultats

Rabat, le 20 février 2025 – Le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), Mohamed Benalilou, a appelé ce mardi à une réforme en profondeur de la gouvernance publique. S’exprimant lors des Assises Africaines du Gouvernement Ouvert (AAGO 2026) qui se tiennent à Rabat, il a insisté sur la nécessité de mesurer les politiques d’ouverture à l’aune de leurs impacts concrets, et non du nombre d’engagements annoncés.

« Le gouvernement ouvert ne se mesure pas au nombre d’engagements, mais à leur impact sur la qualité des politiques publiques et sur la confiance dans les institutions », a déclaré Mohamed Benalilou, pointant un décalage persistant entre les déclarations et leurs effets sur le terrain. Face à un parterre de responsables institutionnels et de représentants de la société civile, il a placé le débat dans un cadre plus large, estimant que les enjeux actuels dépassent les mécanismes administratifs classiques. « Cela touche directement la relation entre l’État et le citoyen », a-t-il ajouté, appelant à « passer d’une logique de gestion isolée à une logique participative et multi-niveaux ».

Un levier politique pour reconstruire la confiance

Pour le président de l’INPPLC, les principes de gouvernement ouvert ne sauraient être réduits à un simple choix de gestion. « Ils constituent un levier politique pour reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre les approches qui se limitent à l’affichage. Il a également associé la lutte contre la corruption à cette dynamique. « La probité est une bataille de confiance. L’absence de transparence fragilise à la fois l’efficacité des politiques publiques et la crédibilité des institutions », a-t-il souligné.

Dans son intervention, Mohamed Benalilou a proposé d’élargir le concept de gouvernement ouvert à celui d’« institutions ouvertes ». Selon lui, cette notion doit concerner l’ensemble du système institutionnel. « Il ne s’agit pas d’une extension technique, mais d’un changement de paradigme », a-t-il expliqué, plaidant pour une gouvernance fondée sur la coordination, la complémentarité et le partage de responsabilité.

Un rôle renforcé pour la société civile

Ce repositionnement implique, selon le responsable, une évolution du rôle de la société civile. « Elle doit passer d’un rôle consultatif à une participation effective dans la prise de décision », a-t-il insisté, considérant cette transformation comme une condition essentielle à la réussite de toute réforme. Sur le plan opérationnel, il a annoncé l’adhésion officielle de l’Instance à la dynamique des « institutions ouvertes », assortie d’une série d’engagements structurants.

Ces engagements portent notamment sur le renforcement de la participation citoyenne dans les politiques de lutte contre la corruption, l’amélioration de la coordination entre les institutions et le développement de partenariats avec la société civile. « Le défi aujourd’hui n’est plus d’énoncer des principes, mais de les traduire en résultats concrets », a-t-il résumé.

Une ambition africaine et un congrès à Marrakech

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique internationale. L’INPPLC entend ainsi renforcer sa capacité de coordination et d’échange d’expertise dans un cadre multilatéral, marquant une évolution de son positionnement. Sur le plan continental, Mohamed Benalilou a estimé que l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour construire son propre modèle. « Le continent est en mesure de produire une vision adaptée à ses réalités », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, il a rappelé que Marrakech accueillera en novembre prochain le premier congrès africain de l’initiative pour un gouvernement ouvert, dédié aux instances de lutte contre la corruption. Cet événement est présenté comme une étape structurante pour consolider une approche intégrée de la transparence et de la participation sur le continent.

À l’issue de ces assises, des travaux de suivi sont attendus pour concrétiser les engagements annoncés, avec un calendrier qui sera précisé dans les prochains mois par les parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre des réformes de gouvernance ouverte.

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