Les États-Unis multiplient les initiatives diplomatiques pour relancer le processus de règlement du conflit du Sahara marocain, avec l’organisation prévue en mai d’une nouvelle série de pourparlers à Washington. Cette relance s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée fin octobre dernier, selon les informations publiées par le quotidien espagnol El País.
Le journal espagnol précise que le Conseil de sécurité a examiné, durant la dernière semaine d’avril, le bilan des activités de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Cette révision stratégique intervient dans un contexte de questionnements croissants sur l’efficacité et le coût opérationnel de la mission, après près de trente-cinq ans d’existence. Une tendance se dessine au sein des Nations unies en faveur d’une réduction des effectifs et des dépenses, dont le montant a atteint environ 58 millions d’euros l’année précédente.
Une médiation directe entre Rabat et Alger
El País souligne également que les États-Unis mènent en parallèle une médiation directe entre Rabat et Alger dans le cadre de consultations non publiques, après des réunions préliminaires tenues à Madrid et à Washington. L’objectif serait de parvenir à un accord-cadre avant octobre, ouvrant la voie à des négociations directes entre les parties concernées, sur la base de l’initiative marocaine d’autonomie. Cette dynamique coïncide avec la tournée régionale effectuée par Christopher Landau, vice-secrétaire d’État américain, en Algérie et au Maroc.
Réactions sur le terrain
Mohamed El Ghit Maa El Ainin, vice-président du Centre marocain de diplomatie parallèle et de dialogue des civilisations, a estimé que les événements survenus à Smara mardi relèvent d’un acte hostile visant une zone civile. Selon lui, ce geste reflète la volonté du Front Polisario de maintenir une stratégie de pression militaire irrégulière dès qu’apparaissent des signes d’un déblocage politique. Il a ajouté que le timing de cette attaque est significatif, intervenant immédiatement après des informations évoquant des initiatives américaines pour accélérer le processus de règlement, ce qui suggère une tentative de perturber toute nouvelle dynamique diplomatique.
Selon l’analyste, ce comportement s’inscrit dans une stratégie adoptée depuis 2020, consistant à provoquer des tensions sur le terrain afin de freiner le processus politique et d’imposer une présence par l’escalade plutôt que par une participation constructive aux négociations. Il a également souligné que l’Algérie, en tant que soutien politique et logistique du Polisario, ne peut être dissociée des conséquences de ces évolutions. Maa El Ainin estime que la poursuite de telles actions pourrait renforcer les appels à reconsidérer la nature du mouvement séparatiste, accentuer son isolement et fragiliser son image politique, tout en aggravant la situation des populations dans les camps.
La confidentialité comme levier diplomatique
Salek Rahal, porte-parole du mouvement « Sahraouis pour la paix », a indiqué que les informations liées aux développements récents du dossier du Sahara sont marquées par un haut degré de confidentialité, ce qui reflète l’implication directe des États-Unis dans les discussions en cours. Il a expliqué que le recours à la discrétion constitue souvent un moyen efficace pour encourager les parties à faire des concessions à l’abri de la pression médiatique, favorisant ainsi un climat propice à l’émergence de solutions concrètes.
Selon lui, cette approche traduit le sérieux de Washington dans sa volonté de parvenir à un règlement du conflit, en s’appuyant sur la résolution 2797, qui consacre l’initiative d’autonomie comme base réaliste de négociation. Rahal a également relevé que l’avenir de la mission MINURSO pourrait dépendre des résultats de cette phase, notamment dans un contexte où le Conseil de sécurité appelle à adapter ses missions aux évolutions politiques attendues. Il a noté que la médiation américaine entre le Maroc et l’Algérie commence à produire certains signes, notamment une moindre présence de la question du Sahara dans le discours officiel algérien récent.
Prochaines étapes
Les discussions à Washington en mai devraient permettre d’affiner les contours d’un accord-cadre avant la réunion du Conseil de sécurité prévue en octobre. La résolution 2797, qui sert de base aux négociations, devrait guider les parties vers une solution politique négociée. L’issue de cette phase pourrait déterminer l’avenir de la MINURSO, dont le mandat doit être renouvelé fin octobre. Le Maroc se trouve aujourd’hui en position de force, tandis que la responsabilité de la suite incombe à l’Algérie, alors que le Polisario semble marginalisé dans l’équation politique actuelle, selon les observateurs.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire