Les Nations unies ont révélé, dans une note officielle publiée le 2 février 2026, que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) est confrontée à une grave crise de liquidités, menaçant la continuité de ses opérations. Selon un rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (ACABQ), consulté par Hespress, les liquidités disponibles ne dépassaient pas 15,6 millions de dollars à cette date, dont 14,9 millions proviennent de prêts accordés par le Fonds de réserve des opérations de maintien de la paix. Ce soutien exceptionnel a été déterminant pour éviter une interruption des activités de la mission, qui supervise le cessez-le-feu au Sahara.
Le document, référencé A/80/604/Add.3, précise que les ressources disponibles sont inférieures d’environ 1,9 million de dollars au seuil minimal requis pour assurer trois mois de réserve opérationnelle, fixé à 17,5 millions de dollars. Cette situation met en évidence la fragilité financière de la mission et le risque d’un impact sur son fonctionnement si la crise perdure. Le comité consultatif a exprimé sa « profonde inquiétude » face à cette crise de liquidités « grave et persistante ». Il estime que le recours continu aux prêts pour financer des missions actives révèle des dysfonctionnements structurels dans le système onusien de maintien de la paix.
Des retards de paiement des États membres
Le rapport indique que cette situation résulte principalement des retards répétés de certains États membres dans le règlement de leurs contributions obligatoires. Depuis la création de la Minurso, plus de 1,738 milliard de dollars ont été alloués au financement de ses missions. Toutefois, les contributions impayées des États membres atteignaient, en février 2026, environ 74,9 millions de dollars, un montant supérieur au budget approuvé pour la période 2025-2026, estimé à près de 70,7 millions de dollars.
La publication de ces données intervient alors que les Nations unies débattent actuellement de l’avenir de la mission. Des orientations visant à réduire ses effectifs et à revoir son déploiement sur le terrain sont envisagées, dans le cadre d’un plan plus large destiné à rationaliser les dépenses et à renforcer l’efficacité opérationnelle des missions de maintien de la paix. Au cours des derniers mois, le Département des opérations de paix des Nations unies a dépêché plusieurs missions d’évaluation dans la région afin d’examiner l’adéquation du dispositif actuel de la Minurso avec les évolutions politiques et sécuritaires sur le terrain.
Consultations en cours au Conseil de sécurité
Ces démarches coïncident avec les consultations tenues fin avril au Conseil de sécurité des Nations unies concernant le bilan des activités de la mission. Les discussions devraient se poursuivre dans les prochains mois en vue de l’adoption d’une décision onusienne sur l’avenir de la mission et les modalités du renouvellement annuel de son mandat, prévu à la fin du mois d’octobre prochain.
Les interrogations se multiplient quant à la capacité des Nations unies à maintenir le même niveau de déploiement et de financement dans le contexte actuel de crise financière. Le comité consultatif a rappelé que le recours aux prêts pour financer des missions actives n’est pas viable à long terme et appelle à des réformes structurelles pour garantir la pérennité des opérations de maintien de la paix.
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