Hantavirus : le risque pandémique jugé très faible par un spécialiste marocain

Hantavirus : le risque pandémique jugé très faible par un spécialiste marocain

Plusieurs cas de Hantavirus ont été récemment détectés après une croisière dans l’Atlantique Sud, relançant les inquiétudes sur un possible scénario pandémique. Selon le médecin et chercheur marocain Tayeb Hamdi, ce virus ne représente toutefois pas aujourd’hui un risque de propagation mondiale comparable à celui du Covid-19, malgré sa dangerosité.

Le foyer identifié à bord du navire concerne la souche dite « des Andes », la seule parmi les 38 variantes connues du Hantavirus à pouvoir se transmettre entre humains par gouttelettes respiratoires. Cette particularité explique les inquiétudes actuelles, mais la transmission interhumaine reste extrêmement rare et nécessite des conditions très spécifiques, notamment un contact intime et prolongé dans des espaces confinés et peu ventilés, comme cela peut être le cas sur un bateau de croisière.

Une transmission principalement via les rongeurs

Le virus Hanta appartient à la famille des Hantaviridae et se transmet essentiellement à partir des rongeurs, notamment les souris et les rats, qui constituent son réservoir naturel. La contamination humaine survient principalement par inhalation de particules contaminées provenant de l’urine, de la salive ou des excréments de rongeurs. Le contact direct avec des plaies ouvertes peut également provoquer une infection, tandis que les morsures restent un mode de transmission plus rare.

Selon le Dr Hamdi, les mesures sanitaires prises sur le navire ainsi que lors de l’évacuation des passagers ont permis de limiter les risques de diffusion de la maladie.

Symptômes sévères et taux de mortalité élevé

L’infection débute généralement par de la fièvre, des douleurs musculaires intenses, une grande fatigue et des maux de tête. Dans les cas les plus graves, la maladie peut évoluer vers un syndrome pulmonaire aigu entraînant une détresse respiratoire sévère ou provoquer une insuffisance rénale hémorragique. Selon les spécialistes, le taux de létalité peut atteindre jusqu’à 50 % selon la souche et la rapidité de la prise en charge médicale.

À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n’existe contre le virus Hanta. Les soins reposent essentiellement sur la réanimation et le soutien des fonctions vitales des patients.

Précautions et dispositif de surveillance au Maroc

Les experts recommandent d’éviter de balayer à sec les endroits susceptibles d’être contaminés par des rongeurs afin de ne pas inhaler de particules infectées. Il est conseillé de privilégier un nettoyage humide à l’aide de désinfectants, notamment à base de chlore, tout en portant des gants et des équipements de protection. Les espaces fermés doivent également être correctement aérés avant toute opération de nettoyage.

Le Dr Tayeb Hamdi assure que le Maroc dispose d’un système national de veille épidémiologique ainsi que de laboratoires de référence capables d’identifier d’éventuels cas importés de Hantavirus. Le virus, découvert officiellement en 1976 près de la rivière Hantan en Corée du Sud, provoque environ 150.000 cas par an en Asie de l’Est et près de 200 cas annuels sur le continent américain.

Les spécialistes estiment enfin que les changements climatiques et la destruction des écosystèmes favorisent les contacts entre l’homme et les rongeurs, augmentant ainsi le risque d’apparition de nouveaux foyers dans plusieurs régions du monde. Aucune évolution épidémiologique majeure n’est attendue à court terme, mais les autorités sanitaires marocaines maintiennent une surveillance renforcée des voyageurs provenant de zones à risque.

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