OCDE : le Maroc en queue du classement des compétences pédagogiques des enseignants

OCDE : le Maroc en queue du classement des compétences pédagogiques des enseignants

Une enquête inédite de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée dans le cadre du programme TALIS 2024 place le Maroc parmi les pays les moins performants en matière de compétences pédagogiques des enseignants du secondaire collégial. Réalisée pour la première fois, cette évaluation mesure les connaissances pédagogiques générales des enseignants, notamment leur capacité à gérer une classe, à adapter leur pédagogie et à évaluer les élèves.

Le score moyen du Maroc reste inférieur à la moyenne des pays membres de l’OCDE ayant participé à l’étude. Un constat préoccupant est que moins de 1 % des enseignants marocains atteignent le niveau avancé de compétences (niveau 3), soit la proportion la plus faible parmi tous les pays participants. À l’inverse, 74 % des enseignants marocains se situent au niveau dit « fondamental », contre 15 % en moyenne dans les pays de l’OCDE concernés.

Faible impact de l’expérience sur les compétences

L’enquête révèle que l’ancienneté n’améliore pas significativement les compétences pédagogiques au Maroc. Les enseignants ayant plus de dix ans d’expérience affichent des niveaux de compétences comparables à ceux ayant moins de cinq ans de carrière. Cette donnée interroge directement l’efficacité de la formation continue et les mécanismes de montée en compétence tout au long de la carrière.

Disparités de qualification et résultats mitigés

Le rapport souligne que 18 % des enseignants marocains possèdent un niveau de qualification inférieur à la licence, tandis que seulement 19 % détiennent un master ou un doctorat. Les enseignants titulaires d’une licence obtiennent de meilleurs résultats que ceux moins qualifiés, mais l’écart avec les profils plus diplômés reste limité.

Paradoxalement, les enseignants les plus compétents sur le plan pédagogique obtiennent de meilleurs résultats concrets en classe. Selon l’OCDE, une amélioration de leurs connaissances pédagogiques est associée à une hausse de neuf points du temps consacré à l’enseignement et à l’apprentissage, tandis que le temps perdu à maintenir la discipline recule de sept points. Autrement dit, les enseignants les mieux préparés passent davantage de temps à enseigner et moins à gérer les perturbations ou les tâches administratives.

Lien entre compétences et bien-être professionnel

L’étude met en lumière un lien entre compétences pédagogiques et bien-être professionnel. Les enseignants disposant de meilleures compétences déclarent être moins exposés au stress lié à la charge administrative, à la discipline en classe, aux pressions parentales ou aux changements de programmes scolaires.

Répartition atypique des enseignants les plus compétents

Quelques enseignements plus nuancés ressortent également de l’étude. Au Maroc, les enseignants obtenant les meilleurs scores en connaissances pédagogiques sont davantage présents dans les écoles rurales, les établissements publics ainsi que dans ceux accueillant une part importante d’élèves issus de milieux défavorisés ou rencontrant des difficultés linguistiques. Cette répartition tranche avec certaines tendances observées dans d’autres systèmes éducatifs, où les profils les plus qualifiés se concentrent souvent dans les établissements les plus attractifs.

Ces résultats devraient alimenter le débat sur la qualité de l’enseignement au Maroc. Aucune réaction officielle des autorités marocaines n’a été communiquée à ce stade. L’OCDE précise que son enquête constitue un outil de référence pour orienter les politiques éducatives, notamment en matière de formation initiale et continue des enseignants.

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