Les condamnations internationales se multiplient après les tirs de projectiles qui ont visé les environs de Smara, dans le sud du Maroc, attribués au Front Polisario. L’Arabie saoudite, le Qatar et l’Espagne ont successivement dénoncé ces attaques, jugées dangereuses pour la stabilité régionale. Ces réactions s’inscrivent dans un contexte de forte mobilisation diplomatique autour du dossier du Sahara marocain, alors que l’ONU exprime son inquiétude.
Les réactions de Doha et Riyad
Dans un communiqué publié samedi, le ministère qatari des Affaires étrangères a condamné l’attaque ayant ciblé la ville de Smara. Doha a réaffirmé « la pleine solidarité de l’État du Qatar avec le Royaume du Maroc » et exprimé son soutien « aux droits souverains du Maroc sur son Sahara » ainsi qu’aux mesures prises par Rabat pour préserver « son unité territoriale, sa sécurité et sa stabilité ». La diplomatie qatarie a également réitéré sa position constante rejetant « la violence, le terrorisme et les actes criminels, quelles qu’en soient les motivations ».
Même tonalité du côté de Riyad. L’ambassade d’Arabie saoudite à Rabat a fait savoir que le Royaume saoudien condamnait « avec la plus grande fermeté » l’attaque contre Smara. Les autorités saoudiennes ont exprimé leur « rejet catégorique de toutes les formes de violence, d’extrémisme et de terrorisme », tout en renouvelant leur soutien au Maroc « dans tout ce qui garantit sa sécurité, sa stabilité et sa prospérité ».
L’Espagne et la France dénoncent une escalade
Le gouvernement espagnol a également dénoncé une escalade « grave » susceptible de fragiliser les efforts des Nations unies pour relancer le processus politique. Paris avait également condamné, jeudi, les attaques contre Smara, estimant qu’elles menaçaient directement les perspectives de négociation ouvertes par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. La France a réaffirmé son soutien au plan d’autonomie marocain, présenté comme « la seule base crédible » pour parvenir à une solution durable.
L’ONU exprime son inquiétude
L’ONU elle-même a exprimé son inquiétude. Le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, a indiqué que l’envoyé personnel pour le Sahara, Staffan de Mistura, partageait les préoccupations de la MINURSO après les tirs de roquettes signalés près de Smara. Les Nations unies ont appelé l’ensemble des parties à éviter toute action susceptible de compromettre les efforts de désescalade et la relance du dialogue politique.
Des projectiles tombés à proximité de zones civiles
Selon les autorités locales, les projectiles, tirés depuis l’est du mur de sécurité, sont tombés à proximité de zones civiles de la ville de Smara, sans faire de victimes ni causer de dégâts matériels. Cette séquence ravive néanmoins les inquiétudes autour du cessez-le-feu de 1991 et du risque d’une détérioration sécuritaire dans la région.
La multiplication des condamnations internationales intervient alors que les tensions s’accentuent autour du Sahara marocain. Les regards se tournent désormais vers les prochaines étapes diplomatiques, notamment les éventuelles consultations au Conseil de sécurité de l’ONU, où la question d’un renforcement des prérogatives de la MINURSO pourrait être évoquée.
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