Le nord du Maroc connaît depuis plusieurs jours une recrudescence de l’activité sismique, suscitant l’inquiétude parmi les habitants. L’Institut national de géophysique (ING) a publié des données et des explications visant à rassurer la population, tout en confirmant que cette activité devrait se poursuivre dans les prochains jours.
Au cours des trois derniers jours, près de seize secousses telluriques ont été enregistrées dans la région, soit une moyenne de quatre à cinq par jour. Ces événements ont été ressentis par la population, notamment via des applications de suivi des tremblements de terre. Ils se concentrent au large de la côte méditerranéenne du nord du Maroc, dans la zone de Gibraltar, où se rencontrent deux plaques tectoniques majeures : la plaque africaine et la plaque eurasienne.
Secousses localisées et magnitude modérée
Le week-end dernier, une secousse de magnitude 4 sur l’échelle de Richter a été enregistrée dans la province de Meknès. L’ING avait alors précisé que le séisme, survenu à 18 h 33, avait pour épicentre la commune d’Aïn Jemâa, à une profondeur de 9 kilomètres. Ce lieu est pourtant éloigné du nord du pays.
Dimanche soir, l’Institut a annoncé dans un bulletin d’alerte l’enregistrement de deux secousses consécutives au large des côtes de la province de M’diq-Fnideq. Séparées de deux minutes, elles étaient respectivement de magnitude 2,7 et 2,5 sur l’échelle de Richter.
Des essaims sismiques sous surveillance
Nacer Jabour, directeur de l’Institut national de géophysique, a déclaré que « cette activité devrait se poursuivre pendant une période plus longue ». Il a qualifié l’activité de « quasiment stable », tout en soulignant que la région du nord avait connu une longue phase de calme avant de retrouver une activité de cette ampleur, avec « une fréquence quotidienne jusque-là inhabituelle ».
Selon lui, les secousses sont faibles, comprises entre 1,5 et 3,2 sur l’échelle de Richter, et ne sont pas considérées comme dangereuses pour le moment. Il a expliqué que le grand séisme d’Al Haouz, survenu en septembre 2023, est à l’origine de cette perturbation géologique. Ce séisme aurait perturbé « l’équilibre de la croûte terrestre sur l’ensemble du territoire marocain, y compris les zones maritimes de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, poussant des failles géologiques jusque-là dormantes à entrer dans une phase d’activité nécessitant un suivi rigoureux ».
Le directeur de l’ING a précisé que les secousses observées font partie de ce que l’on appelle des « essaims sismiques », c’est-à-dire plusieurs petits séismes successifs dans une même zone. Il a affirmé que les autorités scientifiques suivent la situation en continu grâce au réseau national de surveillance et d’alerte sismique.
Profondeurs variables et complexité tectonique
Concernant la profondeur des foyers sismiques, l’expert a indiqué que les secousses enregistrées se répartissent entre la croûte terrestre supérieure et inférieure, à des profondeurs variant entre 5 et 60 kilomètres, pouvant parfois atteindre le manteau supérieur. « Cette variation de profondeur reflète la nature des failles géologiques présentes dans la région ainsi que la complexité de la structure terrestre du nord du Royaume, qui constitue une zone de contact tectonique entre les plaques africaine et eurasienne dans la partie occidentale du bassin méditerranéen », a-t-il affirmé.
Le spécialiste a rappelé que la région avait déjà connu une activité sismique similaire en 2021, dans la région orientale entre Al Hoceïma et Nador, en mer. Cette série avait duré près de trois ans avec des milliers de secousses enregistrées. Il a souligné que la série actuelle est beaucoup moins intense et localisée dans la région occidentale de la Méditerranée, vers le détroit de Gibraltar.
Les autorités scientifiques continuent de surveiller l’évolution de cette activité sismique. L’ING prévoit de maintenir une vigilance renforcée et de publier des bulletins réguliers, en fonction des données recueillies par le réseau national de surveillance.
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