Le Maroc a intensifié ses efforts diplomatiques et institutionnels pour faire progresser le projet de Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP), considéré comme l’un des projets énergétiques les plus stratégiques du continent. Deux activités clés, menées à quelques jours d’intervalle, témoignent de la volonté de Rabat d’accélérer concrètement la mise en œuvre de ce mégaprojet et de renforcer son positionnement comme acteur énergétique majeur entre l’Afrique et l’Europe.
Rencontres de haut niveau à Washington
La semaine dernière, une délégation marocaine de haut niveau, conduite par la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a mené plusieurs rencontres stratégiques à Washington pour faire avancer le projet du gazoduc Nigeria-Maroc et obtenir un soutien politique et institutionnel américain. Amina Benkhadra a tenu une série de rencontres, notamment avec le secrétaire adjoint par intérim du département de l’Énergie, Tommy Joyce, en présence de l’ambassadeur du Maroc, Youssef Amrani.
Le projet a été présenté devant le Département de l’Énergie, le Département d’État, le Conseil de sécurité nationale, la Banque mondiale et plusieurs groupes de réflexion américains influents, dont le Centre d’études stratégiques et internationales, le Stimson Center et le Centre mondial de l’énergie du Conseil atlantique. Ces échanges visent à inscrire le gazoduc dans les nouvelles dynamiques géostratégiques mondiales liées à la sécurité énergétique et aux chaînes d’approvisionnement.
État d’avancement du projet
À ce stade, le projet de Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc a bouclé les études de faisabilité et l’ingénierie préliminaire (FEED). Il détient un cadre d’accord intergouvernemental (AIG) et attend une signature par les 13 chefs d’État de la CEDEAO traversés par les pipelines. Le gazoduc de 6 000 kilomètres de long reliera les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest au Maroc via un corridor énergétique stratégique reliant la côte atlantique africaine à l’Europe.
À terme, ce mégaprojet devrait consolider la sécurité énergétique et le développement régional, tout en favorisant l’intégration régionale ainsi que la position du Maroc dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux critiques. Il permettra de sécuriser l’accès à l’énergie dans des pays où moins de la moitié de la population a accès à une électricité fiable.
Coordination renforcée avec le Nigeria
À la fin de la semaine, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a eu un entretien téléphonique avec son homologue nigériane, Bianca Odumegwu-Ojukwu, récemment nommée à ce poste. Les discussions ont abordé les relations bilatérales entre le Maroc et le Nigeria ainsi que les projets soutenus par le Roi Mohammed VI et le président du Nigeria, Bola Tinubu. Parmi les dossiers évoqués figurent le projet du gazoduc Nigeria-Maroc et la coopération en matière de sécurité alimentaire.
Ces deux activités, menées à quelques jours d’intervalle, traduisent une mobilisation diplomatique et économique à plusieurs niveaux pour sécuriser les soutiens politiques, financiers et institutionnels nécessaires à ce mégaprojet continental. Elles montrent que le Maroc et le Nigeria maintiennent une coordination étroite autour d’un projet structurant pour l’intégration régionale africaine, la diversification énergétique de l’Europe et le développement économique de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Les prochaines étapes prévoient la signature de l’accord intergouvernemental par les 13 États membres de la CEDEAO, étape cruciale pour le lancement effectif des travaux de construction. Les autorités marocaines et nigérianes poursuivent leurs efforts pour mobiliser les financements nécessaires et consolider les partenariats internationaux autour de ce projet énergétique d’envergure continentale.
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