Dans la commune de Tidili, située dans la province d’Ouarzazate, treize femmes – veuves, jeunes diplômées et chefs de ménage – ont fondé la coopérative TamelOuante. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet soutenu par le Fonds international de développement agricole (FIDA), qui a permis d’améliorer les conditions de vie de 21 000 familles dans les montagnes de l’Atlas.
Transformation des savoir-faire locaux
Les membres de la coopérative valorisent leur savoir-faire artisanal traditionnel pour produire des articles destinés aux marchés locaux et régionaux. La transformation porte notamment sur la confection de tapis, de tissages et d’objets décoratifs à base de laine et de fibres naturelles. Ces activités génèrent des revenus réguliers pour les femmes participantes, dont beaucoup sont en situation de vulnérabilité économique.
Le projet du FIDA, déployé depuis 2018, cible les zones rurales les plus isolées du Haut Atlas. Il combine des investissements dans les infrastructures de base, la formation professionnelle et l’accès aux intrants agricoles. Les bénéficiaires directs incluent des familles pratiquant l’agriculture de subsistance, l’élevage ovin et caprin, ainsi que des activités artisanales.
Résultats chiffrés et portée géographique
Selon les données fournies par le FIDA, 21 000 ménages ont vu leur sécurité alimentaire s’améliorer et leurs revenus augmenter en moyenne de 30 % sur la période du projet. La région de l’Atlas englobe des provinces telles que Ouarzazate, Tinghir, Azilal et Midelt, où les taux de pauvreté dépassent fréquemment les moyennes nationales.
Le financement total alloué par le FIDA s’élève à environ 25 millions de dollars, cofinancé par le gouvernement marocain et les contributions des bénéficiaires. Les actions menées comprennent la construction de petits barrages collinaires, l’aménagement de pistes rurales, et la création de coopératives de transformation agroalimentaire et artisanale.
Impact sur l’autonomisation féminine
La coopérative TamelOuante illustre l’un des volets clés du projet : l’autonomisation économique des femmes. En devenant membres fondatrices, ces treize femmes ont accès à des formations en gestion, en marketing et en techniques de production durables. Elles participent également à des foires commerciales régionales pour écouler leurs produits.
Les témoignages recueillis sur le terrain indiquent que ces activités ont permis de réduire les migrations saisonnières des hommes vers les villes, car les revenus familiaux sont désormais plus stables. Les enfants, notamment les filles, bénéficient d’un meilleur accès à l’éducation grâce aux fonds dégagés par les ventes des coopératives.
Prochaines étapes et perspectives
Le FIDA prévoit d’étendre ce modèle à d’autres communes de l’Atlas d’ici 2026, en fonction des résultats obtenus et des disponibilités budgétaires. L’objectif affiché est d’atteindre 30 000 familles supplémentaires en diversifiant les filières soutenues, notamment l’apiculture et la production de plantes aromatiques et médicinales. Une évaluation indépendante du projet est attendue pour le premier trimestre 2025, afin de documenter les meilleures pratiques et d’ajuster les interventions futures.
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