La production marocaine de pastèques atteint son rythme de croisière, les prix restent sous tension

La production marocaine de pastèques atteint son rythme de croisière, les prix restent sous tension

Les volumes de pastèques commercialisées au Maroc poursuivent leur progression alors que les différentes régions productrices entrent en pleine campagne. L’offre nationale devrait atteindre son pic dans les prochaines semaines, selon les données recueillies auprès des marchés de gros et des services agricoles régionaux.

Les régions du Souss-Massa, du Gharb et du Loukkos, principales zones de production, ont déjà livré une part significative de leur récolte. Les conditions climatiques favorables enregistrées depuis le début de l’année ont permis un bon développement des fruits, avec des calibres homogènes et une qualité gustative satisfaisante.

Cette abondance relative exerce néanmoins une pression continue sur les prix à la production. Les cours observés sur les marchés de gros de Casablanca, Rabat et Marrakech se situent actuellement entre 2,5 et 4 dirhams le kilogramme, selon les calibres et la provenance des lots. Ce niveau tarifaire est inférieur de 10 à 15 % par rapport à la même période de la campagne précédente.

Un contexte de marché tendu

Plusieurs facteurs expliquent cette dépréciation. D’une part, l’augmentation des surfaces cultivées, estimée à 5 % par rapport à l’année dernière, a renforcé l’offre disponible. D’autre part, la demande intérieure reste modérée, les consommateurs marocains arbitrant leurs achats en fonction de leur pouvoir d’achat global.

Les exportations, qui constituent un débouché majeur pour la pastèque marocaine, sont également confrontées à des difficultés. Les marchés traditionnels d’Afrique de l’Ouest et d’Europe du Sud connaissent une offre locale abondante, ce qui réduit les marges pour les opérateurs marocains. Les données douanières montrent un recul de 8 % des volumes exportés sur le premier trimestre de la campagne en cours, comparé à la même période de l’année précédente.

Conséquences pour les producteurs

Les petits et moyens producteurs sont les plus exposés à cette conjoncture défavorable. Le coût des intrants, notamment les semences, les engrais et l’eau d’irrigation, a augmenté de 7 à 10 % en un an, réduisant d’autant leur marge bénéficiaire. Certaines coopératives agricoles du Souss-Massa ont déjà signalé des difficultés de trésorerie.

Le ministère de l’Agriculture, par l’intermédiaire de ses directions régionales, suit la situation avec attention. Des mesures d’accompagnement, comme des aides à la commercialisation et des facilités de crédit, pourraient être activées si la tendance baissière des prix se confirmait dans les semaines à venir.

Les organisations professionnelles agricoles demandent quant à elles une meilleure régulation de l’offre, notamment par une concertation renforcée sur les dates de semis et de récolte entre les différentes régions. Elles plaident également pour une intensification des actions de promotion de la pastèque marocaine sur les marchés internationaux, afin de diversifier les débouchés.

Les prochaines semaines seront décisives pour les producteurs. Si le pic de l’offre nationale, attendu fin mai, coïncide avec un maintien de la demande à un niveau bas, les prix pourraient encore fléchir. Les opérateurs du secteur tablent sur un rééquilibrage progressif à partir de la mi-juin, lorsque les premières productions des régions plus tardives du nord du pays arriveront sur le marché et que la demande européenne reprendra son rythme saisonnier.

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