Lutte contre la tuberculose bovine : 27.500 bovins abattus au Maroc

Lutte contre la tuberculose bovine : 27.500 bovins abattus au Maroc

Au cours des cinq dernières années, près de 27.500 têtes de bovins ont été abattues au Maroc après avoir été diagnostiquées positives à la tuberculose bovine. Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a confirmé que les éleveurs concernés ont été intégralement indemnisés, conformément à la réglementation en vigueur. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du programme national de lutte contre cette maladie contagieuse, soumise à déclaration obligatoire.

Une stratégie de long terme pour éradiquer la maladie

Le ministre a fourni ces précisions dans une réponse écrite à une question de la conseillère parlementaire Loubna Alaoui. Il a rappelé que la tuberculose bovine est une maladie présente depuis des décennies dans de nombreuses régions du monde, dont le Maroc. Sa lutte nécessite, selon lui, la mise en œuvre d’un programme préventif s’étalant sur plusieurs décennies et mobilisant d’importantes ressources financières.

La base légale de ce combat repose sur le dahir de 1977 et l’arrêté ministériel n° 837.13 du 8 mars 2013, qui définissent les mesures de police sanitaire vétérinaire applicables. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est l’acteur central de cette stratégie, qui vise à réduire progressivement le taux d’infection dans les exploitations pour aboutir, à long terme, à l’éradication de la maladie.

Partenariat avec les éleveurs et mesures sanitaires

La méthode adoptée par l’ONSSA repose sur la conclusion de conventions de partenariat avec les éleveurs. Ces accords encadrent plusieurs actions obligatoires. La première est le dépistage systématique des troupeaux à l’aide du test à la tuberculine. En cas de résultat positif, les animaux infectés doivent être abattus dans des délais impartis au sein d’abattoirs agréés.

Parallèlement, les éleveurs s’engagent à respecter des conditions strictes de biosécurité et d’hygiène dans leurs exploitations pour limiter la propagation de l’agent pathogène. En contrepartie de l’abattage, qui représente une perte économique directe, les éleveurs bénéficient d’une indemnisation, comme le prévoit l’arrêté ministériel de 2013. Cette approche combine ainsi contrainte sanitaire et soutien aux professionnels.

Contrôle renforcé sur la filière laitière

Au-delà de la gestion directe de la maladie dans les élevages, les autorités marocaines renforcent les contrôles sur les produits destinés à la consommation. Ahmed El Bouari a indiqué que l’ONSSA exécute chaque année un plan de surveillance des résidus dans le lait et ses dérivés. Ce plan cible notamment la recherche d’antibiotiques, de substances interdites, de pesticides et de contaminants environnementaux.

Des échantillons sont prélevés régulièrement pour des analyses en laboratoire, afin de vérifier la conformité des produits aux normes de sécurité et de qualité. De plus, dans le cadre des commissions locales mixtes supervisées par les autorités locales, l’Office contrôle les points de vente de denrées alimentaires, incluant le lait, à travers tout le Royaume. L’objectif est de s’assurer de l’origine, de la qualité et des bonnes conditions de commercialisation de ces produits.

Un cadre légal pour la sécurité des consommateurs

L’ensemble de ces interventions sanitaires et de contrôle s’appuie sur un socle législatif précis. Le ministre a cité la loi n° 28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et la loi n° 13.83 sur la répression des fraudes. Ce cadre permet aux autorités d’agir avec un mandat clair pour protéger à la fois la santé animale et la santé publique.

Ahmed El Bouari a, à cette occasion, rappelé aux consommateurs l’importance de s’approvisionner en lait et produits laitiers auprès d’unités de production agréées. Ces produits doivent porter sur leur étiquetage un numéro d’autorisation sanitaire et être commercialisés dans des conditions appropriées, en particulier dans le respect de la chaîne du froid, gage de leur innocuité.

Perspectives et prochaines étapes

La lutte contre la tuberculose bovine au Maroc se présente comme un effort continu et structuré. La stratégie de l’ONSSA, basée sur le dépistage, l’abattage sanitaire, l’indemnisation et le renforcement de la biosécurité, devrait se poursuivre dans les années à venir. L’objectif final reste l’éradication progressive de la maladie, un processus qui, de l’aveu même des autorités, nécessitera encore du temps et des investissements soutenus. La vigilance sur la filière laitière, via les plans de contrôle annuels, constitue le second pilier de cette politique de santé publique, visant à garantir la sécurité des aliments jusqu’au consommateur.

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