Lobby pro-polisario actif au Parlement suédois sur le Sahara

Lobby pro-polisario actif au Parlement suédois sur le Sahara

Plusieurs députés du Parlement suédois ont adressé une interpellation officielle à leur ministre des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, concernant la position du gouvernement sur la question du Sahara marocain. Cette initiative parlementaire, intervenue récemment, est perçue par des observateurs comme une manœuvre coordonnée par des soutiens du front séparatiste polisario pour influencer la politique étrangère de Stockholm.

L’objectif de cette action serait de freiner tout alignement explicite de la Suède sur la proposition marocaine d’autonomie pour les provinces du Sud. Cette démarche survient dans un contexte international marqué par un soutien croissant à l’initiative marocaine, notamment après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Contexte diplomatique et réactions

Cette offensive parlementaire contraste avec les signaux positifs émis par la diplomatie suédoise. Peu avant, la ministre Malmer Stenergard s’était entretenue par téléphone avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Au cours de cet échange, la Suède a réaffirmé son soutien au processus onusien pour le règlement du conflit.

Le gouvernement suédois a également exprimé son appui aux efforts de l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura. Il considère l’initiative d’autonomie marocaine comme une base de négociation sérieuse et crédible, conforme aux résolutions du Conseil de sécurité.

Les parlementaires à l’origine des questions chercheraient à exploiter certaines jurisprudences de la Cour de justice de l’Union européenne sur les accords avec le Maroc. La ministre des Affaires étrangères suédoise dispose d’un délai légal, qui expire le 27 février, pour y répondre.

Analyse des motivations

Deddai Babout, un acteur politique des provinces du Sud, estime que la campagne au Parlement suédois est une réaction à l’élan international en faveur du plan d’autonomie. Selon lui, le polisario et ses réseaux ciblent délibérément les parlements européens historiquement réceptifs à son discours, comme celui de la Suède, connu pour la facilité d’activation de ses mécanismes de contrôle parlementaire.

Il affirme que cette campagne n’est pas spontanée mais soigneusement planifiée en coordination avec des associations de solidarité. Le discours mobilisé mettrait l’accent sur les droits de l’Homme et une conception classique du droit à l’autodétermination, cherchant à ramener le débat vers l’idée d’un référendum d’indépendance.

L’analyste souligne que l’enjeu central est une bataille d’interprétation juridique du principe d’autodétermination, le lobby pro-polisario s’appuyant sur des modèles de décolonisation dépassés, face à l’évolution des pratiques internationales vers des solutions d’autonomie.

Perspectives et développements récents

Lahcen Hamdat, chercheur en relations internationales, qualifie ces initiatives de « danse du coq égorgé ». Il les juge inefficaces, notamment après la position favorable de l’Union européenne à l’autonomie sous souveraineté marocaine et l’adoption de la résolution onusienne 2797.

Il met en avant les réalisations en matière de développement dans les provinces du Sud, citant des infrastructures modernes, des ports, des universités et des hôpitaux. Pour lui, la large participation aux élections dans la région illustre l’implication des populations sous souveraineté marocaine.

Le chercheur estime que le Parlement suédois ne s’écartera pas du consensus européen et international favorable à la stabilité en Afrique du Nord. Il considère que le soutien international à l’initiative marocaine reflète une conviction quant aux droits du Maroc sur ses provinces sahariennes.

Prochaines étapes attendues

L’attention se porte désormais sur la réponse officielle que la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, devra apporter avant l’échéance du 27 février. Cette réponse clarifiera la position du gouvernement suédois dans le contexte des pressions parlementaires et de l’engagement diplomatique international. Parallèlement, les efforts de l’envoyé onusien Staffan de Mistura pour relancer le processus politique se poursuivront, avec l’initiative marocaine d’autonomie demeurant un cadre de référence central dans les discussions.

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