Un groupe de 22 jeunes Marocains a été reconduit à la frontière algéro-marocaine ce mardi, au niveau du poste frontalier de Zouj Bghal, également connu sous le nom de passage Colonel Lotfi. Cette opération, confirmée par l’Association marocaine pour l’aide aux migrants en situation difficile, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays voisins et de procédures judiciaires engagées contre des ressortissants marocains en Algérie.
Le groupe était composé de 20 hommes et de 2 femmes, originaires de diverses villes marocaines telles qu’Oujda, Berkane, Tanger, Fès, Settat et Nador. Selon l’association, ces individus étaient présentés comme des migrants par les autorités algériennes, bien que les circonstances exactes de leur présence sur le territoire algérien n’aient pas été précisées.
Un suivi de centaines de cas
L’organisation non gouvernementale, qui suit de près la situation des Marocains en Algérie, indique actuellement accompagner plus de 500 dossiers. Parmi ceux ci, plus d’une centaine sont en cours de renvoi vers le Maroc. L’association précise qu’elle est régulièrement notifiée de nouveaux cas et qu’elle maintient le contact avec les autorités algériennes concernant ces procédures.
Certains des citoyens concernés doivent préalablement achever des procédures administratives et légales avant leur éventuel retour. Cette restitution constitue le deuxième groupe de jeunes Marocains remis aux autorités marocaines en l’espace de quelques mois. Un premier groupe de 16 personnes avait été reconduit en décembre dernier.
Contexte judiciaire et sécuritaire tendu
Cette affaire s’inscrit dans un climat bilatéral complexe, marqué par la fermeture des frontières terrestres depuis 1994. La justice algérienne prononce systématiquement des peines sévères, pouvant dépasser dix ans d’emprisonnement, contre les Marocains appréhendés pour immigration irrégulière. Par ailleurs, le sort de plusieurs migrants marocains décédés en Algérie reste incertain, les familles dénonçant le refus des autorités algériennes de rapatrier les dépouilles.
Le 29 janvier dernier, le ministère algérien de la Défense avait annoncé avoir « tué trois Marocains » et arrêté un quatrième lors d’une opération militaire près de Béchar, dans le sud du pays. Ces individus avaient été accusés de trafic de drogue, une version contestée par leurs familles au Maroc, qui les présentaient comme des éleveurs ou des mécaniciens.
Des précédents similaires
De tels incidents ne sont pas isolés. En 2023, deux Marocains avaient été abattus par l’armée des frontières algérienne et un troisième avait été arrêté. Les familles des victimes continuent de réclamer, jusqu’à présent sans succès, la restitution des corps pour procéder à des funérailles.
La gestion des flux migratoires et le traitement des ressortissants marocains en situation irrégulière en Algérie demeurent des sujets de préoccupation majeure pour les organisations de défense des droits humains et les familles concernées. Les reconduites à la frontière, comme celle de Zouj Bghal, se déroulent dans un cadre protocolaire strict, sans ouverture générale des points de passage terrestres entre les deux pays.
Les prochaines semaines devraient voir d’autres cas similaires aboutir, au rythme des procédures judiciaires et administratives algériennes. L’Association marocaine pour l’aide aux migrants en situation difficile s’attend à ce que de nouvelles notifications de renvoi lui parviennent quotidiennement, tandis que les familles attendent des clarifications sur le sort de leurs proches toujours détenus ou portés disparus.
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