Le Mouvement populaire (MP), formation dirigée par Mohamed Ouzzine, a présenté son programme électoral en vue des législatives de 2026, regroupé sous l’appellation de « Contrat populaire ». Lors de cette présentation, le parti a placé la refonte du Code de la famille (Moudawana) et l’autonomisation globale de la femme parmi ses priorités sociétales. Le MP appelle à une mise en œuvre rapide des directives royales encadrant ce chantier, tout en plaidant pour une approche intégrée combinant équilibre familial, préservation de l’identité nationale et justice spatiale.
Cette annonce intervient alors que le débat sur la réforme de la Moudawana reste au centre des préoccupations politiques et sociales au Maroc. Le parti entend ainsi positionner ce dossier comme un axe structurant de son offre politique pour le prochain scrutin législatif.
Une politique publique dédiée à la protection de la famille
Dans sa vision stratégique, le Mouvement populaire estime que l’édification d’un État social ne saurait se limiter à des ajustements budgétaires ou à des programmes d’aide financière. La formation préconise l’élaboration d’une politique publique dédiée à la protection de la famille, considérée comme le noyau dur de la transmission des valeurs de la Tamaghrabit.
Pour faire face aux mutations sociétales et aux dérives observées dans l’espace numérique, le parti propose d’instaurer des mécanismes d’accompagnement parental. Il recommande également de renforcer les services de soutien psychologique et social et d’intégrer des modules d’éducation familiale afin de prémunir les jeunes générations contre le décrochage culturel.
Un « contrat national d’autonomisation » de la femme
Sur le volet économique, le Mouvement populaire défend la création d’un « contrat national d’autonomisation » de la femme. Rompant avec la simple logique comptable du nombre de bénéficiaires, ce dispositif vise des résultats quantifiables en matière d’accès à l’emploi stable, de création de revenus autonomes et de pérennité des projets.
Le programme met un accent particulier sur la transition des travailleuses de l’économie informelle vers le secteur structuré. Il prévoit de leur garantir un accès effectif à la couverture médicale, à la retraite et au crédit. En parallèle, le parti propose de stimuler l’économie du soin (care economy) à travers le développement de crèches de proximité, permettant d’articuler plus efficacement vie professionnelle et charges familiales.
Réduire les disparités territoriales
L’offre du MP cible également les disparités territoriales qui frappent les femmes rurales et montagnardes. Pour contourner les obstacles logistiques et l’enclavement, le parti préconise le déploiement d’unités mobiles chargées de la prise en charge juridique, psychologique et sociale des victimes de violences. Il appelle aussi au renforcement de la coordination entre l’appareil judiciaire, les services de santé et les collectivités locales.
Sur le plan économique rural, le projet prévoit la création de plateformes logistiques d’agrégation et de commercialisation directes. Cette mesure vise à affranchir les coopératives féminines du poids des intermédiaires.
Participation politique et institutionnelle
Sur le terrain de la participation politique et institutionnelle, la formation de Mohamed Ouzzine ambitionne de dépasser le cadre du quota numérique pour promouvoir une présence décisionnelle effective. À travers des cycles de formation dédiés à la gestion publique, aux finances locales et au leadership, le MP entend préparer une nouvelle génération de cadres féminins capables d’assumer des responsabilités au sein des instances élues et des organes de gouvernance.
Le parti réaffirme son engagement à soumettre ces objectifs à des évaluations périodiques et chiffrées. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre de la préparation des élections législatives prévues en 2026, pour lesquelles le Mouvement populaire entend présenter une offre politique structurée autour des questions familiales et de l’autonomisation des femmes.
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