À l’approche des élections législatives de 2026, la secrétaire générale de l’Union marocaine pour la démocratie (UMD), Ilham Belfhili, a présenté plusieurs engagements de son parti, allant de la revalorisation du salaire minimum à 6.000 dirhams à la gratuité des médicaments pour les personnes démunies. Ces propositions ont été dévoilées lors de son passage dans l’émission « La route vers les élections 2026 ».
La jeunesse au coeur de la stratégie électorale
Le parti mise largement sur la jeunesse pour les prochaines échéances électorales. Selon Ilham Belfhili, 90 % des têtes de listes de sa formation sont des jeunes âgés de 23 à 35 ans. Le parti a réussi à couvrir 55 circonscriptions locales et 10 circonscriptions régionales, soit un taux de couverture de 63,5 %, contre 14 % lors des élections de 2021. La secrétaire générale explique que ce choix répond à la volonté de renouveler les élites politiques et de mieux intégrer les jeunes dans la vie publique. Elle souligne également la présence d’une femme en situation de handicap à la tête d’une liste régionale dans la région de Souss-Massa, ainsi que de trois candidates issues de la diaspora, résidant en France, en Espagne et en Italie.
Des propositions économiques et sociales ambitieuses
Sur le volet économique et social, l’UMD avance plusieurs propositions. Ilham Belfhili évoque notamment la possibilité de porter le SMIG à 6.000 dirhams, sous réserve d’une lutte efficace contre les sources de corruption. Le parti propose également une hausse de 1.500 dirhams des salaires et une augmentation de 1.000 dirhams pour les retraités. Pour les jeunes sans emploi, une allocation mensuelle de 200 dirhams serait accordée, accompagnée de formations destinées à renforcer leurs compétences jusqu’à leur insertion professionnelle. Une autre aide de 1.500 dirhams serait destinée aux jeunes engagés dans un parcours de formation.
Santé, logement et fiscalité
Dans le domaine de la santé, Belfhili propose de supprimer le système d’indexation évoqué par le parti et de garantir un accès gratuit aux soins à toute personne titulaire de la carte nationale d’identité. La formation souhaite créer des « pharmacies de santé », permettant aux personnes démunies d’accéder gratuitement aux médicaments, tandis que les bénéficiaires de la couverture médicale ne paieraient que la différence restant à leur charge. En matière de logement, le parti propose que l’État prenne en charge la moitié du coût d’un logement pour les personnes souhaitant se marier. Le reste pourrait être financé grâce à des facilités préférentielles à un taux de 2 %. Le même dispositif serait proposé aux personnes en situation de handicap. Le programme comprend aussi une réforme de la compensation, un plafonnement des prix, l’instauration d’un impôt sur la fortune et, parallèlement, une réduction de la fiscalité sur les salaires.
Lutte contre la corruption et participation électorale
La lutte contre la corruption constitue l’un des principaux engagements de Belfhili. La responsable politique affirme vouloir rompre avec la logique de l’impunité et avec la politique résumée par l’expression « Afwa Allah 3amma Salaf ». Elle annonce son intention de demander des comptes sur les montants consacrés au soutien du pouvoir d’achat, faisant référence aux 280 milliards de dirhams évoqués par Fouzi Lekjaa. Ilham Belfhili insiste également sur l’importance de la participation aux prochaines élections. Elle dit faire confiance aux garanties annoncées par le Roi concernant la transparence et l’intégrité du scrutin. Elle se dit convaincue que les structures chargées du suivi des élections réagiront fermement à toute tentative d’achat de voix, de propagande illégale ou d’atteinte à l’intégrité du processus électoral. La secrétaire générale estime enfin que les prochaines années seront déterminantes pour le Maroc, notamment concernant les grands dossiers nationaux, dont celui de l’autonomie.
L’alliance « Al Watan Al An »
Concernant l’alliance récemment conclue avec le Parti de la Renaissance et le Parti de l’Unité et de la Démocratie, Belfhili précise que « Al Watan Al An » constitue pour le moment une alliance politique et non électorale. Elle explique ce choix par des contraintes organisationnelles au sein de l’un des partis partenaires. L’alliance repose néanmoins sur une coopération électorale et une convergence de visions et d’orientations. Belfhili n’exclut pas que cette entente évolue vers une alliance électorale, voire vers une fusion, si la coopération venait à se consolider. Pour la dirigeante, le choix du slogan « Al Watan Al An » traduit une priorité claire : l’urgence de la réforme et la nécessité d’élections transparentes accompagnées d’une participation importante des citoyens.
Les prochaines semaines devraient permettre d’en savoir plus sur les listes définitives et les programmes détaillés des différentes formations politiques en vue du scrutin de 2026.
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