Les prix du pétrole brut ont reculé vendredi sur les marchés internationaux, les investisseurs anticipant une libération des réserves stratégiques européennes de gazole sous la pression des États-Unis. Une visioconférence du G7 doit se tenir dans l’après-midi pour tenter de coordonner une réponse à la flambée des prix des carburants.
Vers 13H55 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre perdait 1,98 % à 100,28 dollars. Le West Texas Intermediate américain pour livraison en novembre chutait de 2,93 % à 90,15 dollars, après avoir brièvement reculé de plus de 5 % à 88,06 dollars.
Pression américaine sur les réserves européennes
Pour tenter de soulager le marché mondial, Washington presse les pays européens de puiser dans leurs stocks d’urgence de gazole. Selon des informations de marché, les États-Unis menaceraient même d’interdire leurs exportations de carburants vers l’Union européenne en cas de refus.
L’échéance des élections législatives de mi-mandat, prévues début novembre, accentue la pression sur l’administration américaine pour faire baisser les prix de ce carburant, très utilisé dans le secteur agricole et le transport routier de marchandises.
Une interdiction des exportations américaines pourrait réduire les prix domestiques mais ferait bondir les cours du gazole pour les pays importateurs. Elle risquerait également d’avoir des répercussions négatives sur d’autres produits raffinés aux États-Unis en quelques semaines.
Pour la Maison-Blanche, l’alternative consiste pour les pays de l’Union européenne à puiser dans leurs réserves de gazole afin de soutenir le marché.
Un marché sous tension avant l’hiver
La guerre au Moyen-Orient a fait monter les prix du pétrole brut cette année, mais c’est surtout le marché des produits raffinés qui inquiète à l’approche de l’hiver.
« La baisse des capacités de raffinage et de la production au Moyen-Orient et en Russie, combinée à l’annulation par la Chine de cargaisons de produits destinés à l’exportation afin de soutenir son approvisionnement intérieur, continue de restreindre la disponibilité des carburants », explique Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
« Un prélèvement sur les réserves stratégiques contribuerait à compenser la baisse des stocks commerciaux » et soulagerait les prix, ajoute Giovanni Staunovo, cité par l’AFP.
Cependant, « les réserves stratégiques sont conçues pour faire face à des perturbations temporaires de l’offre, et non à des déséquilibres structurels du marché », rappelle-t-il. Des réserves plus faibles impliquent que « le marché pourrait devenir de plus en plus sensible aux risques pesant sur l’offre, ce qui pourrait se traduire par des fluctuations plus importantes des prix », précise l’analyste.
Perspectives
Les marchés attendent les conclusions de la visioconférence du G7, qui pourrait déboucher sur une coordination des libérations de réserves stratégiques. Une décision en ce sens est susceptible d’influencer l’évolution des cours à court terme, alors que la demande saisonnière de gazole reste soutenue.
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