Prix du poulet : une stabilisation attendue pendant le Ramadan

Prix du poulet : une stabilisation attendue pendant le Ramadan

Les prix de la volaille au Maroc montrent des signes de stabilisation au cours de la deuxième semaine du mois sacré du Ramadan, selon des professionnels du secteur. Cette tendance intervient après des craintes de flambée des coûts liées à des difficultés d’approvisionnement en aliments composés pour le bétail.

Des représentants de la filière avicole se veulent rassurants quant à l’évolution du marché. Ils anticipent même une baisse prochaine des tarifs, influencée par le ralentissement de la consommation industrielle et de la restauration pendant cette période.

Les facteurs d’une baisse anticipée

Mohamed Aaboud, président de l’Association nationale des éleveurs de volailles de chair (ANMDC), a indiqué que la demande du secteur de la restauration, notamment rapide, ralentit traditionnellement pendant le Ramadan. Ce phénomène contribue à rééquilibrer, voire à contrebalancer, la demande accrue des ménages, exerçant ainsi une pression à la baisse sur les prix.

Il a précisé que la hausse enregistrée précédemment était attribuable à plusieurs facteurs conjoncturels. Parmi ceux-ci figurent des retards de croissance des poulets dus à des perturbations dans l’approvisionnement en aliments pour certaines petites exploitations, une mortalité aviaire accrue à cause de conditions climatiques difficiles, et des coupures de routes ayant affecté le transport et la logistique.

Contexte de crise dans la filière

Le secteur, déjà confronté à plusieurs dysfonctionnements, a récemment subi une crise d’approvisionnement en aliments composés. Cette pénurie a été causée par des conditions météorologiques défavorables ayant empêché le déchargement de navires dans les ports de Casablanca et de Jorf Lasfar.

Les producteurs s’étaient plaints de ruptures de stock dans les usines d’aliments pour bétail. Ces pénuries ont directement entraîné une hausse des coûts de production. La pression sur le marché a été accentuée par une demande restée soutenue et par le développement simultané de la filière, générant des frais supplémentaires.

Dynamique des prix pendant le mois sacré

Chaque année, les prix du poulet connaissent des fluctuations prévisibles pendant le Ramadan. Les premiers jours sont généralement marqués par une hausse, conséquence d’un achalandage important et d’achats prévisionnels de la part des consommateurs.

Une phase de stabilisation suit souvent dans les semaines suivantes. Des pics de prix peuvent ensuite réapparaître en fin de mois, coïncidant avec les fêtes et les occasions où les familles ont coutume de se réunir pour des repas traditionnels.

Actuellement, selon la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), le prix du poulet vivant à la sortie de la ferme se situe entre 9 et 12 dirhams le kilogramme. Les professionnels estiment que les tarifs courants sont légèrement au-dessus de la moyenne maximale de cette fourchette.

Le rôle des intermédiaires

Les éleveurs pointent également du doigt le rôle des intermédiaires dans l’augmentation du prix final payé par le consommateur. Ils estiment que leurs marges sont déjà réduites par la hausse des charges courantes, notamment liées à l’alimentation des volailles, à l’énergie, et aux coûts des services vétérinaires, des vaccins et autres produits sanitaires.

Cette situation crée des tensions au sein de la chaîne de valeur, les producteurs considérant que la marge prise par les distributeurs et revendeurs aggrave l’inaccessibilité des prix pour le public.

Perspectives et prochaines étapes

La vigilance reste de mise pour les semaines à venir. La stabilité annoncée dépendra de la capacité de la filière à maintenir un approvisionnement régulier en intrants, notamment en aliments pour bétail, et à gérer la logistique malgré les défis climatiques.

Les observateurs du marché suivront attentivement l’évolution de la consommation durant les derniers jours du Ramadan, période traditionnellement propice à une reprise de la demande. La coordination entre les autorités, les producteurs et les distributeurs sera cruciale pour éviter de nouvelles tensions sur les prix et assurer un approvisionnement stable jusqu’à la fin du mois sacré.

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