Un centre de recherche marocain recommande de décaler le début des activités scolaires et administratives à 9 heures du matin pendant la saison hivernale. Cette proposition vise à atténuer les effets des matinées obscures, liées au maintien du fuseau horaire GMT+1, sur la santé publique et la sécurité.
Le Centre Africain d’Études Stratégiques et de Digitalisation est à l’origine de cette recommandation. Dans un rapport récent, il appelle le gouvernement à rendre public, dans un délai de six mois, le document ayant motivé l’adoption permanente du GMT+1 en 2018. Cette transparence est présentée comme un préalable nécessaire à un débat public éclairé sur la politique horaire du Royaume.
Trois scénarios sur la table
L’étude détaille trois scénarios politiques possibles, chacun présentant des avantages et des inconvénients distincts. Le premier scénario propose un retour permanent à l’heure GMT, alignée sur l’horloge biologique et synchronisée avec des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, mais réduisant le chevauchement horaire avec l’Europe continentale en hiver.
Le deuxième scénario consiste à maintenir le fuseau horaire actuel, le GMT+1, tout en y apportant des correctifs. Cette option préserverait l’harmonie économique avec l’Europe, mais perpétuerait les coûts sanitaires et sociaux identifiés par les chercheurs. Le troisième scénario envisage un système saisonnier alternant heure d’hiver et d’été, une option jugée par la communauté scientifique comme la moins favorable en raison des perturbations physiologiques qu’elle engendre.
Des mesures d’atténuation urgentes
En attendant une décision souveraine pour la prochaine décennie, le Centre presse les autorités d’appliquer des mesures d’atténuation pour l’hiver prochain. Il suggère notamment que les ministères de l’Éducation nationale et de la Transition numérique émettent une circulaire commune pour retarder l’entrée dans les établissements scolaires et administratifs à 9 heures entre les mois de novembre et février.
Parallèlement, le document souligne l’impératif de transparence des données pour évaluer l’impact réel de la politique actuelle. Il demande à l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable de publier les données de la charge électrique horaire de 2016 à 2025. Ces chiffres permettraient d’analyser l’effet du GMT+1 sur la consommation énergétique nationale.
Une analyse coût-bénéfice globale demandée
L’étude recommande également de confier au Conseil Économique, Social et Environnemental la réalisation d’une analyse coût-bénéfice neutre et complète. Cette analyse devrait couvrir les dimensions économiques, sanitaires, éducatives et sécuritaires du choix du fuseau horaire. Elle devra s’appuyer sur l’expertise nationale et des méthodologies robustes pour garantir la fiabilité de ses conclusions.
Dans le même esprit, l’Agence Nationale de la Sécurité Routière est invitée à fournir des statistiques détaillées sur les accidents. L’objectif est d’analyser précisément les effets de l’obscurité matinale sur la sécurité des usagers de la route. L’ensemble de ce processus devra être accompagné d’une consultation nationale pour recueillir les préférences des citoyens et des acteurs économiques.
Perspectives et prochaines étapes
Sur la base des résultats de ces évaluations et de la consultation, il appartiendra au gouvernement et au Parlement de trancher pour la décennie à venir. Si le maintien du GMT+1 est confirmé, les auteurs du rapport estiment que le ministère de l’Intérieur devra lancer un programme spécifique. Ce programme viserait à renforcer l’éclairage public et les dispositifs de transport scolaire dans les zones géographiques les plus affectées par le décalage horaire.
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes. La publication des documents demandés et le lancement des études d’impact constitueront les premières étapes tangibles vers une décision finale, attendue par de nombreux observateurs et citoyens.
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