Le Maroc, pionnier mondial des mécanismes nationaux des droits de l’Homme

Le Maroc, pionnier mondial des mécanismes nationaux des droits de l’Homme

Lors d’une réunion parallèle à la 61e session du Conseil des droits de l'Homme de l’ONU à Genève, l’expert Marc Limon a salué le rôle précurseur du Maroc dans l’établissement des Mécanismes Nationaux de Mise en œuvre, de Rapport et de Suivi (NMIRF). Ces déclarations ont été faites ce mardi 26 février 2026, à l’issue d’une réunion de haut niveau coprésidée par le Délégué interministériel aux droits de l’Homme, Mohammed El Habib Belkouch.

Marc Limon, directeur exécutif de l’Universal Rights Group (URG) et ancien diplomate britannique, a rappelé que le Royaume a été l’un des leaders mondiaux dès le début de cette dynamique, il y a près d’une décennie. À cette époque, les NMIRF étaient méconnus et les gouvernements fonctionnaient avec des comités interministériels distincts pour chaque traité, une approche souvent dupliquée et non coordonnée.

Un rôle crucial dès l’origine

« Le Maroc, dès le tout début, a joué l’un des rôles cruciaux dans le développement des NMIRF », a affirmé Marc Limon dans des déclarations à Hespress Fr. Il a insisté sur le fait que le Royaume, aux côtés d’autres pays pionniers comme le Paraguay, Samoa et le Portugal, a compris la nécessité de centraliser la coordination des engagements internationaux en matière de droits humains.

L’expert a souligné que le Maroc a organisé plusieurs réunions fondatrices à Marrakech et a collaboré avec l’Universal Rights Group pour l’adoption du « Cadre d’orientation de Marrakech ». Ce document a jeté les bases du Réseau international des NMIRF, une initiative dont le Maroc a probablement été le leader mondial, selon ses dires.

Des progrès tangibles cités en exemple

Pour illustrer l’efficacité de cette approche, Marc Limon a pris l’exemple des droits des femmes. Il a mis en avant les réformes législatives et politiques concrètes entreprises par le Maroc pour traduire ses obligations découlant de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Ces progrès ont permis au Royaume de lever toutes ses réserves à cette convention internationale.

Cette dynamique s’est étendue à d’autres domaines, a-t-il ajouté, notamment les droits de l’enfant, les droits des personnes en situation de handicap, ainsi que la liberté de religion et la lutte contre la haine religieuse. Le Plan d’action de Rabat et le dialogue interreligieux de Fès ont été cités comme des initiatives marquantes dans ce dernier domaine.

Une crédibilité renforcée sur la scène internationale

Selon l’ancien diplomate, ces efforts démontrent que le Maroc ne se contente pas d’améliorer sa législation nationale. Il contribue activement à diffuser les bonnes pratiques au niveau international, renforçant ainsi sa crédibilité en tant qu’acteur clé dans le renforcement des mécanismes nationaux de protection des droits humains.

Le modèle marocain illustre, selon lui, comment un État peut passer d’un suivi fragmenté à un système intégré. Ce système est capable de traduire les recommandations et normes internationales en résultats tangibles, tout en inspirant d’autres pays à emprunter cette voie.

L’engagement du Royaume auprès des Nations unies est ainsi mis à profit pour impulser des progrès dans de nombreux domaines. Ces progrès bénéficient, selon la conclusion de Marc Limon, à la fois à la population marocaine et à la communauté internationale dans son ensemble.

La tenue de cette réunion de haut niveau à Genève et les échanges qu’elle a permis suggèrent que la promotion des NMIRF reste une priorité dans l’agenda international des droits de l’Homme. Le partage d’expériences, comme celle du Maroc, devrait se poursuivre dans les prochaines sessions du Conseil des droits de l'Homme et au sein du réseau international dédié à ces mécanismes.

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