Réforme du Code de la famille : Driss Lachgar appelle à une mobilisation électorale des femmes

Réforme du Code de la famille : Driss Lachgar appelle à une mobilisation électorale des femmes

Le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a appelé les électrices marocaines à utiliser leur pouvoir de vote pour peser sur les réformes, notamment celle du Code de la famille, lors des prochaines échéances électorales. Cet appel a été lancé lors d’un rassemblement des femmes du parti à Bouznika ce week end.

Driss Lachgar a dénoncé le retard accusé par le chantier de réforme du Code de la famille, le qualifiant d’injustifié. Il a exhorté le gouvernement à accélérer le processus législatif et à présenter rapidement le projet de texte devant le Parlement.

Le leader socialiste a insisté sur le poids électoral des femmes, rappelant qu’elles représentent la moitié de la société et du corps électoral. Il les a encouragées à opérer un choix politique conscient, basé sur les engagements réels des partis en matière d’égalité et de justice sociale.

Il a invité les électrices à dépasser les logiques traditionnelles pour privilégier un vote fondé sur les programmes et la capacité des formations politiques à répondre aux attentes concrètes des femmes. Ces attentes concernent notamment l’emploi, la santé, l’éducation et la protection sociale.

Une réforme au cœur d’un chantier plus large

L’intervention de Driss Lachgar a élargi le diagnostic au delà de la seule réforme juridique. Il a estimé que la situation des femmes au Maroc reste marquée par des déséquilibres profonds.

Selon lui, les femmes sont souvent privées d’espaces d’intégration économique et sociale. Les inégalités s’étendent à l’accès au marché du travail, aux opportunités de carrière et à la protection sociale.

Il a ainsi replacé la réforme du Code de la famille dans un chantier global de justice sociale et d’autonomisation économique des femmes. Il a rappelé que la faible intégration des femmes coûterait à l’économie nationale près de 25 milliards de dirhams par an en valeur ajoutée.

Les propositions de l’USFP

Le Premier secrétaire de l’USFP a appelé à faire de l’autonomisation économique des femmes une question centrale. Il a souligné la nécessité de politiques publiques audacieuses.

Parmi les mesures évoquées figurent la généralisation des crèches sur les lieux de travail. Il a aussi plaidé pour encourager les entreprises garantissant la parité dans les postes de direction.

Le soutien à l’entrepreneuriat féminin et aux coopératives a également été mentionné. Il a préconisé d’orienter l’investissement public vers les secteurs capables de résorber le chômage des diplômées.

Fondements et principes de la réforme

Driss Lachgar a replacé ce chantier dans son évolution historique. Il a évoqué le processus entamé depuis les premières revendications, la révision majeure de 2004, jusqu’aux orientations royales récentes.

Il a tenu à souligner que l’USFP s’est toujours positionné en première ligne dans la défense de ces réformes. Sur le fond, il a insisté sur un principe clé.

Toute révision du Code de la famille doit être en parfaite cohérence avec la Constitution marocaine de 2011. Elle doit aussi respecter les engagements internationaux du Royaume en matière de droits humains.

L’objectif est d’assurer une traduction effective du principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Cette égalité doit être garantie tant dans les textes que dans leur application judiciaire.

Parmi les pistes évoquées figurent la reconnaissance de la tutelle conjointe des parents. L’évolution des règles successorales et l’élargissement des droits des petits enfants du côté maternel ont aussi été mentionnés.

La simplification de l’accès à la justice familiale constitue une autre proposition. Le leader socialiste a rappelé que ce dossier s’inscrit dans le cadre des orientations stratégiques impulsées par le Roi Mohammed VI.

Il a enjoint aux femmes de se mobiliser électoralement pour peser sur les choix politiques et accélérer les réformes. Cette mobilisation est présentée comme un levier d’influence décisif.

La suite du processus dépendra de la présentation du projet de loi par le gouvernement. Le débat parlementaire qui suivra sera crucial pour l’adoption des modifications envisagées.

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