Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a présenté mardi 25 avril 2023 devant la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants un bilan détaillé de son action gouvernementale. Cette intervention intervient alors que plusieurs groupes parlementaires de l’opposition expriment des réserves sur l’efficacité des mesures prises pour lutter contre le chômage et améliorer les conditions de travail au Maroc.
Une annonce sur l’amendement du Code du travail
Au cours de cette séance, le ministre a annoncé que le Conseil du gouvernement adoptera, avant le 1er mai, l’amendement du Code du travail qui réduit le temps de travail maximal de 12 à 8 heures par jour. Cette modification législative vise à aligner la législation marocaine sur les normes internationales du travail et à renforcer la protection des droits des salariés. Selon les données fournies par le ministère, cette mesure concernera l’ensemble des secteurs d’activité, à l’exception de certaines professions régies par des statuts particuliers.
Bilan chiffré des politiques de l’emploi
Younes Sekkouri a mis en avant plusieurs indicateurs positifs. Il a souligné que le taux de chômage national est passé de 12,5 % en 2021 à 11,8 % au quatrième trimestre 2022, selon les données du Haut-Commissariat au Plan. Le ministre a également évoqué la création nette de 240 000 emplois sur la même période, dont une majorité dans le secteur des services et de l’industrie manufacturière. Il a rappelé que le programme « Awrach », lancé en 2022, a permis d’insérer 50 000 jeunes dans le marché du travail via des contrats temporaires subventionnés.
Réactions de l’opposition
Les députés de l’opposition ont toutefois accueilli ces chiffres avec prudence. Plusieurs intervenants ont souligné que le taux de chômage reste élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans, qui atteint 31,2 %. D’autres ont critiqué le manque de détails sur la mise en œuvre effective de l’amendement du Code du travail, notamment en ce qui concerne les mécanismes de contrôle et les sanctions en cas de non-respect. Un député du groupe socialiste a estimé que « réduire le temps de travail maximal est une avancée, mais insuffisante sans mesures d’accompagnement pour les PME et les travailleurs informels ».
Contexte économique et social
Cette présentation du bilan ministériel s’inscrit dans un contexte marqué par une inflation persistante et une reprise économique post-Covid inégale. Le Maroc a enregistré une croissance du PIB de 1,3 % en 2022, inférieure aux prévisions initiales, ce qui a pesé sur la création d’emplois formels. Par ailleurs, le secteur informel représente encore environ 40 % de l’emploi total, selon les estimations de l’Observatoire national du développement humain, ce qui complique l’application des réformes du travail.
Le ministre a également évoqué les efforts du gouvernement pour renforcer la formation professionnelle, avec un budget de 2,5 milliards de dirhams alloué en 2023 à l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Il a insisté sur la nécessité d’adapter les programmes de formation aux besoins des entreprises, notamment dans les secteurs du numérique, de l’énergie verte et de l’agroalimentaire.
Les débats parlementaires se poursuivront dans les prochains jours, avec l’examen des propositions de loi déposées par l’opposition concernant la réforme du dialogue social et le renforcement des droits des travailleurs. Younes Sekkouri a promis de présenter un calendrier précis pour la mise en œuvre de l’amendement du Code du travail ainsi que pour l’évaluation des programmes d’emploi existants, d’ici la fin du mois de mai 2023.
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