Le gouvernement s’engage à maintenir le dialogue avec les partenaires sociaux sur plusieurs réformes structurelles, notamment la fiscalité, les retraites et les conditions de travail de certaines professions. Cette annonce a été faite par le porte-parole de l’exécutif, Mustapha Baitas, lors d’une conférence de presse tenue à Rabat.
Un bilan chiffré des mesures déjà mises en œuvre
Interrogé sur les résultats du dialogue social, que les syndicats jugent insuffisants, Mustapha Baitas a présenté les engagements respectés lors des précédentes sessions. Il a cité l’augmentation générale de 1 000 dirhams, l’augmentation des aides familiales et l’amélioration des conditions des fonctionnaires.
Dans le secteur de l’éducation nationale, le coût financier des mesures a dépassé 18,47 milliards de dirhams (MMDH). Dans le secteur de la santé, l’impact financier annuel est estimé à 4 MMDH, et à 2 MMDH dans l’enseignement supérieur.
Le salaire net mensuel moyen dans le secteur public est passé de 8 237 dirhams en 2021 à 10 600 dirhams en 2025, soit une augmentation globale de 29 %. Le salaire minimum net dans le secteur public a quant à lui été relevé de 3 258 dirhams à 4 500 dirhams.
Le coût annuel global de l’ensemble des mesures prises en faveur du secteur public, y compris la révision de l’impôt sur le revenu, s’élève à plus de 48 MMDH en 2026, et atteindra 49,7 MMDH en 2027, a précisé le porte-parole.
Les engagements pour la prochaine étape
Concernant les discussions en cours, Mustapha Baitas a indiqué que l’exécutif poursuivra le dialogue sur la réforme de l’impôt sur le revenu. Ce sujet est examiné avec les différentes parties prenantes afin d’identifier les possibilités d’aboutir à un accord.
Le gouvernement va également poursuivre la mise en œuvre des engagements contenus dans les accords sociaux et ouvrir le débat sur les questions d’actualité. Il accélérera le traitement des dossiers soulevés par les partenaires sociaux, notamment les revendications de plusieurs corps professionnels (ingénieurs, administrateurs et techniciens) concernant leurs statuts, afin de parvenir à un nouveau niveau d’avancement.
Une avancée pour les agents de sécurité
Un accord a été trouvé pour modifier la loi 65-99 relative au Code du travail. Cette modification vise à réduire la durée quotidienne de travail de 12 à 8 heures pour les agents de sécurité liés par un contrat de travail avec des sociétés de gardiennage. Ces agents étaient auparavant considérés dans un cadre juridique particulier lié à la fonction de surveillance. Le gouvernement a souligné que la durée légale de travail est de 8 heures et non 12, ce qui constitue une mesure en faveur de ces travailleurs.
Réforme des retraites : le débat se poursuit
La réforme des systèmes de retraite reste au cœur des revendications syndicales, les pensions étant jugées insuffisantes face à l’augmentation du coût de la vie. Mustapha Baitas a indiqué que le débat au sein de la commission nationale se poursuit. Une discussion globale et approfondie sera ouverte concernant les retraités percevant une pension inférieure au salaire minimum, afin de parvenir à un accord.
Formation professionnelle : une nouvelle structuration
Enfin, le porte-parole a annoncé que la gestion de la formation professionnelle continue dans le secteur privé sera réorganisée dans le cadre d’une nouvelle structuration. Les modalités précises de cette réorganisation n’ont pas encore été détaillées.
Les prochaines sessions de dialogue social devraient permettre d’approfondir ces différents chantiers, avec des échéances qui pourraient être fixées dans les mois à venir en fonction de l’avancement des discussions avec les partenaires sociaux.
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