Rabat. Le Conseil de la concurrence a accordé un délai aux sociétés d’hydrocarbures opérant au Maroc pour revoir le système de modification des prix, a annoncé l’institution dans une déclaration relayée par le journal Hespress. Cette décision vise à remplacer le mécanisme actuel, basé sur une période de quinze jours, par un système offrant à chaque acteur la liberté d’ajuster ses tarifs en fonction des fluctuations du marché.
Selon Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, les discussions avec les sociétés pétrolières se dérouleront cet été. Elles feront suite à une réunion tenue en mars dernier avec les professionnels des stations-service et leurs délégués, consacrée à l’analyse des causes des évolutions observées sur le marché.
Un changement jugé prématuré dans le contexte actuel
Ahmed Rahhou a souligné que le débat actuel portera sur la réflexion autour d’une nouvelle méthode de fixation des prix. Il a toutefois précisé que le changement immédiat n’était pas le choix idéal, en raison de la persistance des traits de la crise économique mondiale. « Le changement dans cette phase précise n’est pas le choix idéal, et il requiert plus de recul, au vu de la persistance des traits de la crise », a-t-il déclaré.
Le responsable a expliqué que le marché marocain des produits raffinés s’inscrit parmi les marchés similaires où l’assurance du ravitaillement national en produits pétroliers et la préservation de leur abondance constituent une priorité absolue. Il a certifié l’absence de toute anomalie dans l’approvisionnement, ce qui reflète une stabilité relative sur ce plan.
Des prix liés aux fluctuations mondiales
Concernant le niveau des tarifs, le président du Conseil a insisté sur leur lien très fort avec les fluctuations du marché mondial. Il a noté que le rôle de l’institution ne se résume pas à une intervention directe pour les fixer, mais se limite au suivi et à l’accompagnement minutieux des diverses modifications qui les affectent.
Rahhou a indiqué que le Conseil a détecté l’adoption par les sociétés d’un horaire unifié pour la déclaration de la hausse tous les quinze jours. Ce mécanisme, jadis approuvé sous l’ère de la subvention que l’État allouait au secteur avant 2014, est aujourd’hui remis en question par les mutations actuelles. « Les mutations actuelles imposent la réflexion pour son développement de façon adéquate avec le nouveau contexte », a-t-il observé.
Une conjoncture marquée par des fluctuations quotidiennes
Le président du Conseil a également souligné que la conjoncture actuelle se caractérise par des fluctuations quotidiennes des prix au niveau international. Cette situation rend difficile l’adoption de modifications rapides ou la sortie immédiate du système établi, car cela pourrait entraîner des perturbations sur le marché national et toucher son équilibre.
Rahhou a confirmé qu’après le dépassement de cette phase exceptionnelle, il sera nécessaire de revoir le cadre temporel approuvé pour la modification des prix, de manière à offrir aux acteurs économiques une plus grande flexibilité dans leurs décisions, tout en assurant le respect des règles de la concurrence et de la clarté.
Pas d’ingérence du Conseil dans la fixation des prix
Le chef du Conseil de la concurrence a insisté sur le fait que la fixation des prix reste de la compétence exclusive des sociétés, sans la moindre ingérence de l’institution. Il a mis en exergue que le rôle du Conseil se manifeste par le contrôle global du marché et la vérification que les tarifs appliqués à l’échelle nationale reflètent effectivement les directions du marché international, sans hausses ou baisses injustifiées, ni au même rythme ni au même volume.
Le Conseil de la concurrence avait déjà expliqué à Hespress qu’il n’avait pas détecté, sous la phase de la crise et de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché national de façon périodique, de complot clair entre les acteurs du secteur. Il a toutefois fait référence à ce qui ressemble à un complot concernant l’adoption d’un horaire unifié pour la déclaration de la hausse tous les quinze jours, sujet qui reçoit désormais une priorité absolue dans le débat avec ces sociétés.
Les prochaines étapes prévoient des réunions approfondies avec les sociétés d’hydrocarbures durant l’été, aboutissant à une révision du système de prix après la stabilisation du contexte international. Le Conseil continuera à surveiller le marché pour garantir le respect des règles de concurrence et une transparence totale pour les consommateurs marocains.
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