Aïd Al-Adha : une demande hésitante et des prix sous étroite surveillance au Maroc

Aïd Al-Adha : une demande hésitante et des prix sous étroite surveillance au Maroc

Alors que la fête de l’Aïd Al-Adha approche, le marché des moutons au Maroc est marqué par une demande timide et des inquiétudes partagées entre éleveurs, commerçants et consommateurs. Selon plusieurs professionnels du secteur, la fréquentation des marchés reste modérée, tandis que les prix oscillent entre 3 000 et 8 000 dirhams, sans signe de flambée immédiate.

Des prix stables mais une affluence limitée

Mohamed Jbili, président de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, a indiqué que les prix se situent actuellement entre 3 000 et 8 000 dirhams, un niveau qu’il juge acceptable. Dans une déclaration au journal électronique Hespress, M. Jbili a précisé que le marché d’Ahad El Brouj, dans la province de Settat, a enregistré dimanche une faible affluence. La région est réputée pour la production du mouton Sardi, une race prisée pour le sacrifice.

Selon lui, la qualité reste le facteur déterminant dans la fixation du prix. Les bêtes de bonne qualité, répondant aux critères requis, conservent leur valeur et ne devraient pas connaître de baisse. En revanche, les moutons de moindre qualité, non engraissés et nourris uniquement au pâturage, pourraient voir leur prix diminuer.

M. Jbili a averti que cette faible demande pourrait entraîner des effets inverses dans les jours à venir. Une hausse soudaine de la demande à l’approche de l’Aïd pourrait provoquer une augmentation marquée des prix. Il a expliqué que les prix des moutons, comme tous les biens et produits, obéissent à la loi de l’offre et de la demande : plus la demande augmente, plus les prix montent.

Un équilibre fragile entre éleveurs et consommateurs

Pour éviter un scénario de flambée excessive, M. Jbili a recommandé une hausse progressive des achats au cours des semaines restantes. Il a estimé que le prix moyen se situe autour de 70 dirhams le kilogramme pour le mouton destiné au sacrifice, un niveau qu’il considère comme acceptable sur le marché.

De son côté, Bousselham Boumehidi, commerçant spécialisé dans la vente de moutons dans la région du Gharb, a observé dimanche une hausse relative de la demande sur le marché d’Ouled Ahmed à Ksar El Kebir. Dans une déclaration à Hespress, il a indiqué que les prix varient entre 3 000 et 6 000 dirhams, et que la situation reste encourageante pour l’achat du mouton pour toutes les catégories sociales.

M. Boumehidi a précisé que le marché des moutons reste stable jusqu’à présent. Il prévoit que la période de forte affluence dans les derniers jours avant l’Aïd pourrait entraîner une hausse relative des prix par rapport à leur niveau actuel. Toutefois, il a souligné que les prix actuels ne sont pas favorables à l’éleveur, qui a dû faire face à de nombreux défis pour élever et préparer les moutons. Selon lui, les prix pratiqués assurent une marge bénéficiaire faible au regard des efforts fournis.

Perspectives et enjeux pour les prochains jours

Les professionnels du secteur s’attendent à une intensification des achats dans les derniers jours précédant la fête. Cette dynamique pourrait entraîner une hausse des prix, mais les autorités et les fédérations d’éleveurs surveillent de près l’évolution du marché. La stabilité actuelle des prix, combinée à une demande encore modérée, laisse entrevoir une période d’achat relativement calme, à condition que la demande n’explose pas de manière soudaine.

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