Laftit défend les élus locaux et écarte toute remise en cause généralisée de leur probité

Laftit défend les élus locaux et écarte toute remise en cause généralisée de leur probité

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a fermement rejeté, mardi, toute généralisation des soupçons pesant sur les élus locaux, estimant que les affaires judiciaires recensées restent marginales au regard de l’ampleur du corps électif au Maroc. S’exprimant devant la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants, lors de l’examen détaillé du projet de loi organique relatif aux régions, le ministre a insisté sur la nécessité de replacer le débat dans ses proportions réelles.

« Le nombre de poursuites reste très limité », a-t-il affirmé, rappelant que le Maroc compte plus de 30 000 élus répartis sur plus de 1 500 collectivités territoriales. Pour Abdelouafi Laftit, les dysfonctionnements observés dans certains cas ne sauraient justifier une remise en cause globale de la crédibilité des élus. « Il y a des personnes compétentes et d’autres moins, comme dans toute institution, y compris parmi les responsables nommés », a-t-il souligné, appelant à éviter les jugements hâtifs.

Défense des prérogatives constitutionnelles des conseils élus

Le ministre a également mis en garde contre toute tentative de réduire les prérogatives des conseils élus au motif d’irrégularités ponctuelles. « Les compétences des collectivités relèvent d’un principe constitutionnel », a-t-il rappelé, insistant sur l’importance de préserver l’équilibre institutionnel tel que prévu par la Constitution. Dans le même esprit, Abdelouafi Laftit a rappelé que certaines compétences, notamment celles liées au transport ou à la formation professionnelle, relèvent du champ des compétences partagées et dépendent surtout de la capacité réelle des régions à les gérer directement.

Il a également insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure adéquation entre les programmes de développement régional et les capacités effectives de chaque territoire. « Il s’agit de programmes de développement, pas de programmes de rêve », a-t-il affirmé.

Intervention d’une députée sur le rôle des élus

Cette mise au point intervient en réponse à une intervention de la députée Khadija Zoumi, du groupe istiqlalien, qui a soulevé la question du rôle réel des élus locaux dans un contexte marqué par la multiplication des poursuites visant certains d’entre eux. La parlementaire a plaidé pour une clarification des responsabilités, estimant que les élus devraient avant tout assumer une fonction politique et représentative. Selon elle, leur rôle consiste principalement à porter les attentes des citoyens, défendre les priorités de développement et orienter l’action publique, plutôt que de s’impliquer directement dans les aspects techniques et opérationnels des projets.

Khadija Zoumi a également relevé que les affaires judiciaires récentes soulèvent des interrogations sur la place des élus dans l’architecture institutionnelle, s’interrogeant sur la pertinence de leur attribuer des responsabilités dépassant leur champ d’intervention politique et constitutionnel. Elle a, dans ce sens, insisté sur la nécessité de respecter la répartition des rôles entre les acteurs politiques, les administrations et les structures techniques, afin d’éviter toute confusion susceptible d’affecter le fonctionnement des collectivités territoriales.

Question centrale sur la responsabilisation et la légitimité

Au cœur de ces échanges, une question revient avec insistance : comment concilier la responsabilisation des élus, exigée par la bonne gouvernance, avec la préservation de leur légitimité politique et de leurs prérogatives constitutionnelles ? En défendant les élus face aux critiques, le ministre de l’Intérieur a choisi une ligne claire : reconnaître l’existence de dérapages individuels, tout en refusant toute lecture globale qui fragiliserait l’institution elle-même.

Les débats sur le projet de loi organique relatif aux régions se poursuivent à la Chambre des représentants, où les amendements et les positions des différents groupes parlementaires devraient être examinés dans les prochaines semaines avant l’adoption finale du texte.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.