Le nombre de grandes fortunes au Maroc augmente de 41 % en cinq ans, selon Knight Frank

Le nombre de grandes fortunes au Maroc augmente de 41 % en cinq ans, selon Knight Frank

Le nombre de Marocains disposant d’un patrimoine supérieur à 30 millions de dollars a atteint 432 personnes en 2026, contre 305 en 2021, soit une hausse de 41,6 % sur la période, selon le rapport The Wealth Report 2026 du cabinet britannique Knight Frank. Cette progression, publiée le 28 mars 2026, confirme l’émergence d’une élite patrimoniale au Maroc, portée par la diversification économique et le développement des secteurs financier et immobilier.

Une croissance soutenue des ultra-riches

Le rapport classe ces individus dans la catégorie des UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals), définie par un actif net supérieur à 30 millions de dollars. Le Maroc compte ainsi 432 UHNWI en 2026, avec une projection de 550 à l’horizon 2031. Cette dynamique place le Royaume dans une trajectoire de croissance soutenue, comparable à celle d’autres économies émergentes de la région MENA.

Selon Knight Frank, cette augmentation s’explique par une diversification progressive de l’économie marocaine, une montée en puissance du secteur financier et une consolidation du marché immobilier haut de gamme. Le cabinet ne fournit toutefois pas de ventilation détaillée des sources de richesse pour le cas marocain, se limitant à une analyse globale à l’échelle internationale.

Des disparités persistantes dans l’immobilier de luxe

Le rapport signale néanmoins des signes de ralentissement sur certains segments clés. À Marrakech, l’indice PIRI 100 (Prime International Residential Index) enregistre une baisse de 4 % des prix de l’immobilier de luxe sur les cinq dernières années. Cette tendance contraste avec la hausse du nombre d’ultra-riches, suggérant un ajustement du marché ou une recomposition des placements des grandes fortunes.

Cette divergence interroge les observateurs. La progression de la richesse ne se traduit pas mécaniquement par une hausse des prix dans l’immobilier haut de gamme, traditionnellement considéré comme un refuge pour cette clientèle. Des facteurs comme l’internationalisation des investissements, une prudence accrue face aux fluctuations économiques ou un déplacement des capitaux vers d’autres classes d’actifs pourraient expliquer ce décalage.

L’Afrique progresse, mais reste marginale à l’échelle mondiale

À l’échelle continentale, l’Afrique devrait enregistrer une progression de près de 15 % du nombre d’UHNWI d’ici 2031, selon Knight Frank. Cette croissance, bien que réelle, part d’une base faible : le continent ne représente qu’environ 1 % des ultra-riches mondiaux. La part des grandes fortunes reste très concentrée ailleurs.

L’Amérique du Nord domine toujours, avec plus d’un tiers des UHNWI en 2026, une part appelée à se renforcer. L’Asie-Pacifique suit, portée par des économies en forte expansion, tandis que l’Europe conserve une place importante malgré une croissance plus modérée. Dans la région MENA, les évolutions sont inégales : Israël affiche une progression rapide, tandis que d’autres pays avancent à un rythme plus mesuré. Le Maroc se situe dans une position intermédiaire, avec une croissance nette mais sans basculement spectaculaire.

Un impact social à évaluer

Le rapport n’aborde pas en détail l’impact de cette concentration de richesse sur le tissu économique et social marocain. Les effets de ruissellement ne sont ni automatiques ni uniformes. La création de valeur, l’investissement productif et la redistribution restent des variables déterminantes pour mesurer les retombées de cette progression sur l’ensemble de la population.

Les projections de Knight Frank pour 2031 indiquent une poursuite de la croissance du nombre d’ultra-riches au Maroc, mais les données disponibles ne permettent pas de prévoir si cette tendance s’accompagnera d’une réduction des inégalités ou d’un renforcement des disparités existantes.

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