Tirs de projectiles près de Smara : une ONG sahraouie dénonce le rôle de l’Algérie dans l’escalade

Tirs de projectiles près de Smara : une ONG sahraouie dénonce le rôle de l’Algérie dans l’escalade

Plusieurs projectiles ont été tirés mardi depuis l’est du mur de défense marocain, dans les environs de Smara, sans faire de victimes. Cet incident, intervenu dans un contexte diplomatique sensible autour du dossier du Sahara, a immédiatement relancé les inquiétudes quant à la stratégie du polisario et de ses soutiens.

Selon des sources concordantes, trois obus sont tombés dans des zones distinctes, en dehors du périmètre urbain. L’un a atterri à proximité de la prison locale, un autre derrière le même établissement, tandis qu’un troisième a touché la zone d’Akouiz, sans provoquer de dégâts matériels. Les forces de sécurité ont été mobilisées pour sécuriser les lieux et suivre l’évolution de la situation.

L’attaque survient alors que la communauté internationale appelle à préserver l’accalmie, considérée comme un préalable à toute avancée politique. Lors de récentes consultations à Washington, les États-Unis avaient insisté sur le respect strict du cessez-le-feu, en présence notamment de l’envoyé personnel de l’ONU, Staffan de Mistura.

Réaction de la société civile sahraouie

La Ligue des partisans de l’autonomie dans les provinces du Sud a vivement condamné ce qu’elle qualifie d’« agression flagrante » contre la stabilité de la région. Dans un communiqué, l’ONG dénonce un « comportement irresponsable » visant à torpiller les efforts de désescalade, au moment où le dossier connaît un regain d’attention internationale.

L’organisation met directement en cause le rôle de l’Algérie, accusée de « nourrir les foyers de tension et de parrainer des formes de radicalisation » à travers son soutien au polisario. Cette accusation s’inscrit dans une lecture de plus en plus assumée par plusieurs acteurs sahraouis, estimant que la persistance des actions armées empêche toute sortie de crise et maintient la région dans une logique de confrontation.

La Ligue souligne également que ces tirs constituent une violation claire des engagements liés au cessez-le-feu, rappelant que les résolutions récentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les résolutions 2703 et 2797, consacrent une approche fondée sur une solution politique réaliste autour de l’initiative marocaine d’autonomie.

Appel à une position internationale plus ferme

L’ONG appelle les Nations unies et les acteurs internationaux à adopter une position plus ferme face à ce type d’actions, estimant que la répétition de ces incidents fragilise la crédibilité du processus politique en cours. Le communiqué insiste sur la nécessité « d’imposer le respect des engagements internationaux » et de mettre fin à ce qu’elle décrit comme une instrumentalisation sécuritaire du conflit.

Sur le terrain diplomatique, cet épisode risque d’alimenter davantage les critiques visant le polisario, déjà sous pression dans plusieurs cercles internationaux. Aux États-Unis notamment, des voix politiques et médiatiques appellent ouvertement à reconsidérer la nature du mouvement, pointant ses actions armées et leur impact sur la stabilité régionale.

L’attaque de Smara apparaît ainsi comme un nouveau signal de crispation, à rebours des efforts engagés pour relancer un processus politique sous l’égide des Nations unies. Pour de nombreux observateurs, elle illustre une ligne de fracture persistante entre une dynamique internationale qui pousse vers une solution négociée et des actes sur le terrain qui continuent d’alimenter la tension.

Dans les prochains jours, les acteurs régionaux et internationaux devraient suivre de près les développements, alors que des consultations sont attendues au Conseil de sécurité pour évaluer la mise en œuvre du cessez-le-feu et les perspectives de reprise du dialogue politique.

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