L’ONU condamne l’attaque contre Smara et appelle au respect du cessez-le-feu

L’ONU condamne l’attaque contre Smara et appelle au respect du cessez-le-feu

New York, 8 mai — Les Nations unies ont fermement condamné l’attaque au projectile menée près de la ville de Smara, dans le sud du Maroc, une opération revendiquée par le Front Polisario qui a relancé les tensions autour du cessez-le-feu au Sahara marocain. Lors de son point de presse quotidien tenu jeudi soir à New York, Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a indiqué que l’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara, Staffan de Mistura, partageait les préoccupations exprimées par la mission onusienne sur place après les tirs survenus le 5 mai dernier.

Selon le responsable onusien, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a fait part de sa « profonde inquiétude » face à des incidents armés ayant touché des zones civiles. La mission a appelé toutes les parties à éviter toute action susceptible de compromettre les efforts politiques en cours ou d’aggraver les tensions dans la région.

Des projectiles tombés près de zones civiles

Cette réaction intervient après l’attaque menée mardi depuis l’est du mur de défense marocain. Trois projectiles ont été tirés en direction des environs de Smara : l’un est tombé près de la prison locale, un autre derrière le même établissement et le troisième dans la zone d’Akouiz, à proximité du cimetière de la ville. L’attaque n’a pas provoqué de pertes humaines graves, mais elle a suscité une forte inquiétude sécuritaire au sein de la population locale.

Le message transmis par les Nations unies reflète une préoccupation croissante face au risque de voir la situation sécuritaire perturber la dynamique diplomatique engagée ces derniers mois autour du dossier du Sahara marocain. L’ONU insiste sur la nécessité de préserver les conditions d’une reprise effective du processus politique sous son égide.

Appel au dialogue et aux négociations

D’après Stéphane Dujarric, Staffan de Mistura estime que la période actuelle exige « le retour au dialogue et aux négociations plutôt qu’à l’escalade militaire ». L’émissaire onusien considère que ces attaques rappellent l’urgence de rétablir pleinement le cessez-le-feu et de relancer des discussions capables d’aboutir à une solution politique « réaliste, durable et mutuellement acceptable ».

Cette position onusienne intervient dans un contexte diplomatique sensible. Plusieurs capitales occidentales ont également exprimé leur préoccupation face à cette escalade. Paris a condamné l’attaque et appelé le Front Polisario à respecter le cessez-le-feu, estimant que ce type d’actions menace directement les efforts politiques soutenus par le Conseil de sécurité.

Consultations américano-onusiennes

Les consultations récentes menées à Washington entre Staffan de Mistura et de hauts responsables américains ont insisté, selon des sources onusiennes, sur la nécessité pour le Polisario de respecter strictement l’accord de cessez-le-feu comme préalable à toute avancée politique. Les discussions ont également porté sur la nécessité de stabiliser la situation sur le terrain afin de créer les conditions favorables à une reprise des négociations autour d’une solution politique au conflit régional autour du Sahara marocain.

La prochaine étape attendue est la présentation d’un rapport du secrétaire général de l’ONU au Conseil de sécurité, qui devrait faire le point sur la situation sécuritaire et les efforts diplomatiques en cours. Les observateurs s’attendent à ce que ce rapport insiste sur la nécessité d’un retour immédiat au calme et d’une reprise des pourparlers sous l’égide des Nations unies.

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