Six Marocains rapatriés de Somalie après cinq ans de détention

Six Marocains rapatriés de Somalie après cinq ans de détention

Six ressortissants marocains, détenus depuis près de cinq ans dans la prison de Bosaso, au Puntland somalien, ont été rapatriés au Maroc au début du mois de mai 2026. Leur retour met fin à une procédure judiciaire, diplomatique et humanitaire complexe, suivie depuis 2021 par leurs familles, des organisations de défense des droits humains et les autorités marocaines.

Des accusations de terrorisme et un acquittement

Selon les informations fournies par les proches des intéressés et plusieurs organisations ayant suivi l’affaire, les six hommes avaient quitté le Maroc dans l’espoir de trouver des opportunités de travail à l’étranger. Ils se sont retrouvés piégés dans des zones de conflit en Somalie. Arrêtés puis poursuivis dans le cadre d’affaires liées au terrorisme, ils ont par la suite bénéficié de décisions judiciaires favorables.

Les familles et les défenseurs des droits humains affirmaient que les six Marocains avaient été victimes d’un parcours trompeur et de circonstances complexes dans un pays marqué par l’instabilité sécuritaire.

Blocage administratif prolongeant la détention

Les verdicts d’acquittement n’ont pas immédiatement débouché sur leur libération. Les anciens détenus sont restés incarcérés à la prison de Bosaso en raison d’obstacles administratifs liés à leur rapatriement. Parmi les blocages figuraient l’absence de laissez-passer nécessaires au voyage et les difficultés de coordination entre les autorités locales somaliennes et les représentations consulaires.

Le Comité international de la Croix-Rouge avait rendu visite aux détenus et confirmé que les procédures judiciaires à leur encontre étaient terminées. Selon ces sources, les obstacles restants relevaient uniquement de formalités procédurales liées au rapatriement.

Mobilisation des familles et des droits humains

Au Maroc, les familles ont transformé leur combat en mobilisation publique. Elles ont organisé des sit-in, des conférences de presse et adressé des correspondances au ministère des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, ainsi qu’aux institutions nationales de défense des droits humains. L’Association marocaine des droits humains s’est saisie du dossier, le qualifiant d’affaire urgente à dimension humanitaire et juridique.

La pression s’est accentuée en avril 2026, lorsque les six détenus ont entamé une grève de la faim illimitée à l’intérieur de la prison somalienne. Cette action a ravivé l’attention autour de leur situation, alors que leurs familles faisaient état d’une dégradation préoccupante de leur état physique et psychologique. Les contacts étaient devenus rares et les conditions de détention suscitaient de fortes inquiétudes.

Dénouement et retour au Maroc

Le dénouement est intervenu au début du mois de mai 2026, après l’aboutissement des démarches administratives et diplomatiques nécessaires à leur transfert vers le Maroc. À leur arrivée, les six hommes ont été pris en charge par les autorités compétentes dans le cadre de procédures administratives et sécuritaires.

Le retour des anciens détenus a suscité un profond soulagement au sein de leurs familles, qui ont évoqué la fin d’une longue période d’attente et d’angoisse. Elles ont salué les efforts ayant permis le déblocage du dossier et estimé que l’intervention des autorités marocaines, particulièrement lors des dernières étapes des négociations, avait joué un rôle déterminant.

Appels à une régularisation complète

Les proches des rapatriés considèrent que le dossier n’est pas totalement clos. Ils appellent désormais à une régularisation complète de la situation juridique et sociale des anciens détenus afin de faciliter leur réinsertion et d’atténuer les séquelles laissées par plusieurs années de détention.

Cette affaire remet en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les ressortissants bloqués dans des zones de conflit. Les enjeux sécuritaires, judiciaires et administratifs s’y entrecroisent au point de compliquer durablement les procédures de résolution, y compris lorsque les décisions de justice sont favorables aux personnes concernées.

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