Le conseil communal de Rabat a adopté, lors de sa session de mai, une convention prévoyant le transfert de 420 millions de dirhams à la société « Rabat Aménagement ». Cette décision est vivement critiquée par l’opposition municipale, qui dénonce un manque de transparence et de contrôle dans la gestion des fonds publics.
Selon le document consulté par Hespress FR, la convention prévoit la réalisation de travaux d’aménagement urbain dans la capitale, pour un coût total estimé à 420,350 millions de dirhams TTC. L’intégralité du financement sera assurée par la commune de Rabat, liée par ce contrat à la société « Rabat Aménagement ».
Un versement unique dès la signature
Le point le plus controversé concerne les modalités de transfert des fonds. La convention stipule que le montant total sera versé en une seule tranche, dès la signature de l’accord, sur un compte dédié au projet, ouvert auprès de la Trésorerie générale du Royaume au nom de la société.
Le texte précise également que « en cas d’excédent enregistré lors de l’exécution du projet, la commission de suivi statuera sur la réaffectation de cet excédent ». Cette disposition soulève des interrogations sur l’utilisation future des sommes non dépensées.
L’opposition dénonce une opacité
Omar El Hyani, conseiller municipal de la Fédération de la gauche démocratique, a exprimé de sérieuses réserves. « Ce transfert ne tient pas la route », a-t-il déclaré, estimant que l’opération intervient « en l’absence de garanties de contrôle ».
L’élu critique notamment l’absence, dans la convention, d’une liste détaillée des projets concernés ainsi que le manque de précisions sur les modalités d’utilisation des crédits. Dans une publication sur Facebook, accompagnée d’une vidéo de son intervention en session, il a dénoncé « une opacité à l’égard des élus et une réduction de leur rôle ».
Selon lui, le fait de ne pas détailler les projets ni les mécanismes de dépense affaiblit la capacité des conseillers à exercer leur mission de contrôle et de suivi.
Une autre convention contestée
La polémique ne se limite pas à cette seule convention. Lors de la même session, le conseil communal a aussi validé un accord entre la commune de Rabat et la wilaya de la région Rabat-Salé-Kénitra. Cet accord confie à « Rabat Aménagement » la mission de contrôler l’exécution des contrats de gestion déléguée des entreprises chargées de la propreté.
Omar El Hyani y voit un glissement préoccupant des prérogatives communales. Il a qualifié cette décision de « renoncement » de la commune à l’une de ses compétences propres, estimant que le contrôle des contrats de gestion déléguée relève directement des attributions du conseil communal.
Les opposants attendent désormais des clarifications de la part de la majorité municipale sur les mécanismes de suivi et de reddition des comptes. Aucune date n’a encore été fixée pour un éventuel débat complémentaire sur ces conventions.
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