À quelques semaines de la fête de l’Aïd al-Adha, les tensions sur le prix des moutons et l’état du cheptel national suscitent de nouvelles inquiétudes politiques au Maroc. Dans un contexte de hausse persistante du coût des viandes rouges et de pression sur le pouvoir d’achat des ménages, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a sommé, mardi 12 mai, le gouvernement d’éviter la répétition des dérapages observés lors des précédentes saisons.
L’appel du bureau politique du PPS à l’exécutif
Réuni en bureau politique, le parti de gauche a exhorté l’exécutif à « assumer pleinement ses responsabilités » et à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher le retour de pratiques spéculatives. Le PPS dénonce notamment les agissements des « chennaqa » et « frakchia », ces intermédiaires accusés de profiter des périodes de forte demande pour faire grimper artificiellement les prix du bétail.
Selon le parti, ces comportements ont lourdement pénalisé les ménages marocains ces dernières années, en particulier à l’approche de la fête du sacrifice, profondément ancrée dans les traditions religieuses et sociales du royaume.
Des indicateurs jugés préoccupants par le parti de gauche
Le PPS fonde son analyse sur plusieurs données récentes. Il note certes une amélioration du couvert végétal grâce à une année plus pluvieuse, mais il relève aussi la poursuite de la flambée des prix des viandes rouges, les résultats du recensement du cheptel national et les programmes de soutien financier engagés par le gouvernement pour reconstituer le cheptel. Cependant, le parti estime que ces mesures sont entachées « d’insuffisances et de failles ».
Le PPS juge la situation actuelle des marchés particulièrement préoccupante. Les prix des ovins destinés au sacrifice restent élevés dans la plupart des marchés locaux, alimentant les craintes d’une nouvelle hausse à mesure que l’Aïd approche. Le parti dénonce également des phénomènes de rareté de l’offre, des pratiques de spéculation, de monopole et de stockage clandestin du bétail, aggravant les difficultés des familles.
Une question écrite adressée au ministre de l’Agriculture
Dans ce climat d’inquiétude, Rachid Hammouni, président du groupe parlementaire du PPS à la Chambre des représentants, a adressé une question écrite au ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. Le député interroge le gouvernement sur la disponibilité et la qualité des animaux à l’approche de l’Aïd al-Adha, ainsi que sur les mécanismes de contrôle des prix tant pour les bovins que pour les ovins, afin de limiter les opérations spéculatives.
Rachid Hammouni demande également quelles mesures, préparatifs et dispositions le ministère a engagés ou prévoit d’engager pour que les prix des moutons restent compatibles avec le pouvoir d’achat des citoyens, en particulier celui des catégories les plus vulnérables.
Dans sa question, le parlementaire souligne la montée des inquiétudes au sein de l’opinion publique quant à la disponibilité des bêtes et à la capacité des ménages à les acquérir. Il replace cette situation dans un contexte économique plus large, marqué par « la poursuite de la vague de cherté de la vie », une hausse sans précédent des prix des aliments pour bétail et des carburants, après plusieurs années de sécheresse ayant affaibli le cheptel national.
Le député rappelle également que les opérations de recensement et de soutien au cheptel ont été accompagnées, selon lui, de « dysfonctionnements, insuffisances et failles », ce qui a nourri les interrogations sur l’efficacité des mesures publiques engagées pour soutenir les éleveurs et stabiliser le marché.
Le gouvernement devra répondre à ces interrogations dans les semaines à venir, alors que l’Aïd al-Adha approche et que les Marocains attendent des mesures concrètes pour préserver leur pouvoir d’achat.
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