Le gouvernement marocain a annoncé le déblocage de huit milliards de dirhams (MMDH) pour soutenir la Caisse de compensation, afin de stabiliser les prix du gaz butane et du transport des personnes et des marchandises. Cette mesure vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages face aux pressions économiques internationales. L’annonce a été faite par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants.
Cette enveloppe de huit MMDH s’inscrit dans le cadre d’une ouverture de crédits supplémentaires de vingt MMDH au titre de l’exercice budgétaire 2026. Selon le ministre, cette allocation a pour objectif d’amortir les effets des fluctuations internationales sur les dépenses publiques et sur les finances des ménages marocains.
Répartition des crédits supplémentaires
Lors de sa présentation, Fouzi Lekjaa a précisé que six MMDH serviront à couvrir des dépenses exceptionnelles non prévues dans la Loi de finances 2026, en lien avec l’évolution du contexte international. Le gouvernement prévoit également une contribution de quatre MMDH au renforcement du capital de plusieurs établissements et entreprises publics. Par ailleurs, deux MMDH supplémentaires seront consacrés aux conséquences des inondations ayant touché certaines régions du nord du Royaume.
Ces crédits visent à répondre à des besoins urgents tout en maintenant les grands équilibres budgétaires. Le ministre a assuré que le déficit budgétaire devrait être contenu autour de trois pour cent du PIB en 2026, contre 3,5 pour cent en 2025.
Progression des recettes fiscales
Sur le volet des recettes, Fouzi Lekjaa a mis en avant la progression des ressources fiscales à fin avril 2026. Les recettes fiscales ont augmenté de 10,9 MMDH, soit une hausse de 8,9 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de réalisation des prévisions de la Loi de finances atteint ainsi 35,4 pour cent.
Cette évolution est portée principalement par la hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés, en progression de neuf MMDH, soit 24,9 pour cent. Les recettes de la TVA ont, elles aussi, progressé de 1,2 MMDH, en hausse de 3,9 pour cent.
Gestion de la dette et perspectives
Le ministre a également indiqué que l’endettement du Trésor poursuit sa baisse relative. Le ratio de la dette devrait se stabiliser autour de 66 pour cent du PIB cette année, contre des niveaux plus élevés lors des exercices précédents.
Fouzi Lekjaa a souligné que les recettes ordinaires de l’État ont enregistré, entre 2021 et 2025, une progression annuelle moyenne de 13,5 pour cent, tandis que les recettes fiscales ont augmenté de 12,4 pour cent en moyenne sur la même période. Il a attribué cette évolution à l’élargissement de l’assiette fiscale et aux réformes engagées ces dernières années.
Pour le gouvernement, cette dynamique des recettes doit permettre de financer les crédits additionnels tout en maintenant les grands équilibres budgétaires. Les autorités prévoient de poursuivre ces réformes afin de renforcer la résilience de l’économie marocaine face aux chocs externes. L’examen des crédits supplémentaires par le Parlement devrait intervenir dans les prochaines semaines, conformément au calendrier législatif.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire