Les aéroports marocains engagés dans la certification carbone internationale

Les aéroports marocains engagés dans la certification carbone internationale

Les aéroports du Maroc accélèrent leur transition vers une gestion durable des émissions de gaz à effet de serre en intégrant le programme « Airport Carbon Accreditation ». Cette initiative mondiale, reconnue comme la référence en matière de réduction de l’empreinte carbone dans le secteur aéroportuaire, concerne plusieurs plateformes aéroportuaires du Royaume. L’annonce officialise l’engagement du Maroc à aligner ses infrastructures aériennes sur les normes environnementales internationales.

Un programme de certification mondial

Le programme « Airport Carbon Accreditation » est géré par le Conseil international des aéroports (ACI) et évalue les efforts des aéroports pour mesurer, réduire et neutraliser leurs émissions de dioxyde de carbone. Il comporte plusieurs niveaux de certification, allant de la cartographie des émissions à la neutralité carbone. Les aéroports marocains participant à ce processus doivent démontrer une gestion rigoureuse de leurs sources d’émission, notamment les installations de chauffage, les véhicules de service et les opérations aéroportuaires.

L’Office national des aéroports (ONDA) a confirmé que les aéroports de Casablanca, Marrakech, Rabat, Fès et Agadir sont parmi les premiers à entamer les démarches de certification. Les audits nécessaires sont en cours et devraient aboutir à des résultats dans les prochains mois. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable et de la feuille de route pour l’aviation verte au Maroc.

Une réponse aux exigences climatiques

La certification carbone intervient alors que le transport aérien mondial est sous pression pour réduire ses émissions conformément aux objectifs de l’Accord de Paris. Le secteur aéroportuaire représente une part significative des émissions de gaz à effet de serre du transport aérien, notamment via les opérations au sol et les infrastructures. En se conformant aux critères de l’ACI, les aéroports marocains visent à améliorer leur performance environnementale tout en renforçant leur attractivité auprès des compagnies aériennes internationales sensibles aux critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Selon les données disponibles, l’aéroport Mohammed V de Casablanca est le plus gros émetteur parmi les plateformes concernées, mais il bénéficie de projets d’efficacité énergétique déjà en cours, incluant l’installation de panneaux photovoltaïques et la modernisation des systèmes de climatisation. Ces mesures devraient permettre de réduire les émissions d’environ 15 % d’ici 2026.

Des implications économiques et réglementaires

L’obtention de la certification carbone internationale est également un levier économique pour les aéroports marocains. Elle facilite l’accès à des financements verts et améliore leur notation dans les indices de durabilité utilisés par les investisseurs. Par ailleurs, le Royaume prépare une réglementation nationale qui pourrait imposer des quotas d’émissions pour les aéroports à partir de 2025, rendant cette certification quasi obligatoire à moyen terme.

Les experts du secteur notent que le coût de mise en conformité reste un défi, notamment pour les aéroports de taille moyenne, mais que les subventions publiques et les partenariats avec des organismes internationaux devraient atténuer ces dépenses. L’ONDA prévoit un investissement total de 200 millions de dirhams sur cinq ans pour la modernisation énergétique des aéroports certifiés.

Les prochaines étapes incluent la publication des résultats des audits en cours, attendue pour le premier trimestre 2025, ainsi que le lancement d’une campagne de sensibilisation des personnels aéroportuaires aux gestes de réduction des émissions. À plus long terme, l’ambition du Maroc est de faire de ses aéroports des hubs régionaux exemplaires en matière de durabilité environnementale.

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