Rabat – La croissance du crédit bancaire destiné au secteur non financier s’est nettement accélérée en avril 2026, atteignant 8,1 % sur un an, contre 4,8 % pour l’ensemble de l’année 2025, selon les dernières données publiées par Bank Al-Maghrib. Cette progression, la plus forte observée depuis plusieurs trimestres, témoigne d’un regain de la demande de financement de la part des entreprises marocaines.
Une hausse tirée par les crédits aux entreprises
L’essentiel de cette accélération provient des crédits accordés aux entreprises non financières, qui ont enregistré une hausse de 12,3 % en glissement annuel au mois d’avril. Ce dynamisme contraste avec la relative atonie observée en 2025, où la progression annuelle n’avait pas dépassé 6 %.
Les crédits d’investissement et les facilités de trésorerie constituent les principaux moteurs de cette augmentation. Les banques interrogées par l’institution monétaire expliquent cette tendance par un besoin accru de financement pour des projets d’expansion et pour la gestion de besoins saisonniers de liquidités.
Les ménages en retrait
À l’inverse, les crédits aux ménages ont connu une progression plus modérée, de 3,2 % sur un an en avril 2026, contre 3,8 % en 2025. Les prêts à l’habitat, bien qu’en légère hausse, n’ont pas compensé le ralentissement des crédits à la consommation, qui demeurent affectés par un pouvoir d’achat contraint.
Un contexte macroéconomique favorable
Cette accélération du crédit bancaire intervient dans un contexte de baisse des taux directeurs décidée par Bank Al-Maghrib en mars 2026, visant à soutenir l’activité économique. Le coût du crédit s’est ainsi réduit, rendant les emprunts plus attractifs pour les entreprises.
Les analystes financiers relèvent par ailleurs une amélioration des indicateurs de solvabilité des entreprises, notamment dans les secteurs de l’industrie manufacturière et des services, ce qui encourage les banques à accorder davantage de financements.
Perspectives pour les mois à venir
Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, cette dynamique devrait se maintenir au cours du deuxième semestre 2026, sous réserve de l’évolution de la conjoncture internationale et des prix des matières premières. Les autorités monétaires prévoient une stabilité des taux directeurs dans l’immédiat, tout en surveillant l’impact sur l’inflation.
Les prochaines données trimestrielles, attendues en juillet 2026, permettront de confirmer si cette tendance se consolide et si le crédit aux ménages finit par rattraper son retard. Les professionnels du secteur bancaire misent sur une poursuite de la hausse de la demande de financement, portée par les investissements publics et privés annoncés dans le cadre du nouveau modèle de développement.
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