Brahim Benjelloun Touimi appelle à faire de l’Afrique un acteur majeur de la finance durable

Brahim Benjelloun Touimi appelle à faire de l’Afrique un acteur majeur de la finance durable

Le président du directoire de Bank of Africa, Brahim Benjelloun Touimi, a estimé que le continent africain doit passer du statut de simple bénéficiaire à celui d’acteur central de la finance durable. Cette déclaration a été faite lors d’une intervention à la 3e édition du Forum africain des fonds souverains, organisée les 23 et 24 avril 2025 à Rabat, au Maroc.

Selon M. Benjelloun Touimi, la question de la finance durable en Afrique s’est longtemps résumée à une interrogation portant sur la mobilisation de davantage de financements internationaux. Aujourd’hui, a-t-il souligné, cette approche doit évoluer vers une implication active du continent dans la définition des normes et des instruments financiers verts.

Un changement de paradigme nécessaire

Lors de son discours, le banquier a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de peser dans les instances internationales qui fixent les critères de la finance durable. Il a rappelé que le continent dispose d’atouts majeurs, notamment ses ressources naturelles, sa démographie jeune et son potentiel en énergies renouvelables.

Ces éléments, a-t-il expliqué, doivent servir de levier pour attirer des capitaux non plus uniquement sous forme d’aide, mais dans le cadre de partenariats équilibrés et d’investissements productifs. Il a également mentionné l’importance de développer des marchés financiers locaux capables d’absorber et de redistribuer ces flux.

Des recommandations concrètes

Brahim Benjelloun Touimi a formulé plusieurs pistes d’action. Il a proposé la création de mécanismes africains de garantie pour réduire le risque perçu par les investisseurs internationaux. Il a également suggéré l’harmonisation des réglementations financières entre les pays du continent afin de faciliter les transactions transfrontalières.

Le président de Bank of Africa a par ailleurs appelé à une meilleure intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les politiques publiques et les stratégies d’entreprise. Il a cité en exemple les obligations vertes émises par plusieurs institutions marocaines, qui ont déjà permis de financer des projets d’énergie solaire et d’efficacité énergétique.

Le rôle du Maroc dans cette dynamique

L’intervention de M. Benjelloun Touimi s’inscrit dans un contexte où le Maroc ambitionne de devenir un hub régional de la finance durable. Le Royaume a déjà adopté une stratégie nationale de développement durable et a émis sa première obligation verte souveraine en 2024. Bank of Africa, de son côté, est l’une des banques pionnières du continent en matière de financement vert, avec plusieurs programmes dédiés aux énergies renouvelables et à l’agriculture résiliente.

Le Forum africain des fonds souverains, qui a réuni à Rabat des représentants de fonds d’investissement, de banques centrales et d’institutions financières africaines, a également discuté des moyens de renforcer la coopération Sud-Sud. Les participants ont convenu de la nécessité de mutualiser les ressources et les expertises pour accélérer la transition écologique du continent.

Prochaines étapes envisagées

Les travaux du forum devraient déboucher sur une feuille de route commune, dont la mise en œuvre est prévue pour le second semestre 2025. Un groupe de travail technique, comprenant des représentants de Bank of Africa et d’autres institutions, a été constitué pour élaborer un cadre régional de finance durable. Une prochaine réunion est annoncée à Abidjan en octobre 2025 pour faire le point sur l’avancement de ces travaux.

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