Oriental : le Conseil agricole engage la transformation de l’irrigation localisée en gains durables

Oriental : le Conseil agricole engage la transformation de l’irrigation localisée en gains durables

La région de l’Oriental, au Maroc, bénéficie d’une nouvelle impulsion dans sa stratégie de modernisation hydraulique. Le Conseil agricole régional a annoncé un plan visant à convertir les systèmes d’irrigation localisée en leviers de durabilité économique et environnementale. Cette initiative concerne prioritairement deux périmètres irrigués historiques : le Garet, dans la province de Nador, et un second secteur adjacent, qui concentrent depuis plusieurs années les efforts d’optimisation des ressources en eau.

Un contexte de stress hydrique persistant

La région de l’Oriental fait face à une sécheresse récurrente qui réduit les disponibilités en eau pour l’agriculture. Les autorités agricoles locales estiment que l’irrigation localisée, bien que déjà déployée, n’atteint pas encore son plein potentiel en matière d’économie d’eau et d’augmentation des rendements. Le nouveau plan prévoit d’accompagner les agriculteurs dans l’adoption de techniques plus précises, comme le goutte-à-goutte assisté par capteurs, pour ajuster les apports en fonction des besoins réels des cultures.

Selon les données officielles, ces deux périmètres irrigués représentent une superficie cumulée de plusieurs milliers d’hectares, majoritairement consacrés aux cultures maraîchères et fruitières. La modernisation vise à réduire les pertes par évaporation et à améliorer l’efficience globale du réseau.

Un cadre institutionnel renforcé

Le Conseil agricole régional a défini un calendrier de mise en œuvre sur trois ans, avec des indicateurs de suivi précis. Des partenariats avec les offices de mise en valeur agricole et les groupements d’intérêt économique sont en cours de structuration. L’objectif affiché est de doubler le taux d’adoption de l’irrigation localisée dans la région d’ici 2027.

Les premiers travaux concerneront la réhabilitation des réseaux de distribution primaire et secondaire, ainsi que l’installation de compteurs intelligents pour mesurer les consommations individuelles. Les agriculteurs bénéficieront de formations techniques dispensées par des ingénieurs agronomes spécialisés.

Des retombées attendues sur la production

Les autorités tablent sur une augmentation de 30 % des rendements dans les zones concernées, tout en réduisant la consommation d’eau de 20 % par rapport aux pratiques actuelles. Cette transformation permettrait de sécuriser les approvisionnements des marchés locaux, notamment en tomates, poivrons et agrumes, qui constituent les principales filières de la région.

Par ailleurs, la réduction des coûts énergétiques liés au pompage est un objectif secondaire mais significatif. Le recours à l’énergie solaire pour alimenter les stations de relevage est à l’étude dans le cadre d’un volet complémentaire du programme.

Prochaines étapes et perspectives

Le Conseil agricole prévoit de lancer un appel d’offres pour la fourniture de matériel d’irrigation de précision d’ici la fin du premier semestre 2025. Les premières installations sont attendues pour la campagne agricole 2025-2026. Un comité de suivi, réunissant des représentants de la direction régionale de l’agriculture, des chambres d’agriculture et des associations professionnelles, se réunira trimestriellement pour évaluer l’avancement des travaux. La généralisation du modèle à d’autres périmètres irrigués de l’Oriental est envisagée à partir de 2028, en fonction des premiers résultats.

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