Le ministère espagnol de l’Intérieur a ramené à environ 1.500 le nombre de mineurs non accompagnés identifiés dans l’enclave de Sebta, après vérification des registres administratifs. Ce chiffre remplace celui de 2.168 annoncé le 18 août, qui incluait des doublons issus de procédures enregistrées séparément pour un même mineur.
La révision, effectuée par la Police nationale, a mis en évidence des erreurs de comptabilisation liées à la multiplication des démarches administratives concernant certaines personnes. Le nouveau total ne constitue toutefois pas un bilan définitif, selon le ministère, qui s’attend à de nouvelles évolutions à mesure que les procédures d’identification et d’harmonisation des dossiers progressent.
Les quelque 1.500 mineurs recensés incluent également des jeunes déjà pris en charge par les services de protection de l’enfance de Sebta avant la vague d’entrées massives du 30 juillet dernier. Cette précision a été apportée dans un communiqué officiel, alors que l’enclave espagnole fait face à une pression migratoire sans précédent sur ses capacités d’accueil.
Une pression persistante sur les dispositifs d’accueil
Depuis l’arrivée massive de migrants à la fin du mois de juillet, les autorités locales cherchent des solutions pour prendre en charge les mineurs présents sur le territoire. Deux orientations principales sont évoquées : le transfert vers d’autres communautés autonomes ou l’examen de leur éventuel retour dans leur pays d’origine, dans le respect des garanties prévues par la loi.
Le gouvernement de Pedro Sánchez doit réunir les exécutifs régionaux afin d’examiner un mécanisme de redistribution des mineurs non accompagnés arrivés dans les territoires les plus exposés. Cette réunion portera également sur le déblocage d’une enveloppe de 25 millions d’euros destinée à soutenir les dispositifs d’accueil de Sebta.
Des résistances politiques au niveau régional
Le projet de redistribution suscite toutefois des oppositions. Selon l’agence EFE, les régions dirigées par le Parti populaire (PP) ou associées à celui-ci contestent le dispositif proposé par le gouvernement central. Les exécutifs d’Aragon, d’Estrémadure et de Castille-et-León, où le parti Vox est chargé des questions liées à l’enfance, ont annoncé leur absence à la réunion consacrée à cette question.
La question du retour des mineurs vers leurs pays d’origine reste également délicate. Toute mesure de réadmission doit faire l’objet d’un examen individuel et démontrer qu’elle répond à l’intérêt supérieur de l’enfant, comme l’a rappelé la Cour suprême espagnole. Cette instance avait jugé illégales les opérations de renvoi collectif de mineurs vers le Maroc à la suite de la crise migratoire de 2021.
Les prochaines semaines devraient être marquées par l’achèvement des procédures d’identification et par de nouvelles discussions entre Madrid et les régions. L’évolution des chiffres dépendra de la finalisation des dossiers administratifs et des décisions politiques qui seront prises lors des réunions prévues.
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