Le gouvernement espagnol a officiellement écarté, jeudi, toute implication du Maroc dans l’entrée massive de migrants dans l’enclave de Sebta (Ceuta) les 30 et 31 juillet. Lors d’une audition devant la Commission mixte de sécurité nationale du Congrès, le ministre de la Présidence, de la Justice et des relations avec les Cortes, Félix Bolaños, a affirmé qu’aucune preuve ne permettait d’établir que Rabat ait organisé ou encouragé cette opération.
« Il n’existe aucune preuve que le Maroc ait dirigé ou impulsé l’entrée massive », a déclaré le ministre, cité par plusieurs médias espagnols. Une prise de position nette, alors que l’opposition espagnole, notamment le Parti populaire (PP) et Vox, cherche à établir un lien entre Rabat et ces événements.
Une mise au point claire de Madrid
Félix Bolaños a appelé les parlementaires à ne pas multiplier les « insinuations », les « soupçons » et les attaques contre le Royaume sans éléments probants. Il a rappelé que le Maroc demeure un voisin avec lequel l’Espagne doit « coopérer » et entretenir de « bonnes relations de voisinage ». Cette déclaration marque la volonté de Madrid de dissocier la gestion de la crise migratoire de toute accusation directe contre Rabat.
La porte-parole du PP à la commission, Cuca Gamarra, a interrogé le gouvernement sur ses relations avec le Maroc, tandis que d’autres élus ont relayé des interrogations sur une éventuelle implication marocaine. Le ministre a refusé de s’engager sur ce terrain, estimant que des accusations sans preuve risquaient d’alimenter inutilement les tensions avec un partenaire jugé essentiel sur les questions migratoires et sécuritaires.
Une mobilisation liée à de fausses informations
Interrogé sur le niveau d’anticipation des autorités espagnoles, Félix Bolaños a affirmé que le gouvernement ne disposait pas d’informations « ni précises ni anticipées » sur l’ampleur du phénomène. Il a soutenu la version du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui fait l’objet d’un débat politique à Madrid.
Le ministre a également avancé une explication : deux fausses informations largement diffusées sur les réseaux sociaux auraient contribué à provoquer l’afflux. L’une affirmait que la frontière était ouverte, l’autre soutenait que les personnes entrant à la nage ne pourraient pas être refoulées en raison d’une récente décision du Tribunal suprême espagnol. Madrid privilégie ainsi l’hypothèse d’une mobilisation provoquée par la circulation de fausses nouvelles plutôt que celle d’une opération impulsée par Rabat, sans désigner les responsables de ces messages.
Les retours au Maroc au centre des priorités
Le gouvernement espagnol affirme vouloir accélérer les procédures permettant le retour au Maroc des personnes encore présentes à Sebta, ainsi que les dispositifs de regroupement familial. Le ministre a indiqué que cette démarche devait s’effectuer dans le respect des droits des adultes et des mineurs concernés. Aucun calendrier précis n’a toutefois été annoncé.
Cette position intervient alors que la crise de Sebta ouvre un nouveau front dans le débat politique espagnol, mais Madrid entend manifestement éviter qu’elle ne se transforme en crise diplomatique avec Rabat. Les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des discussions bilatérales sur la gestion des flux migratoires, dans un contexte où la coopération sécuritaire demeure un pilier des relations entre les deux pays.
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