À quelques semaines de l’ouverture officielle de la campagne électorale, la circonscription de Skhirat-Témara s’impose comme l’un des principaux enjeux de la compétition politique dans la région Rabat-Salé-Kénitra. Forte de 783 457 habitants, selon le Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, elle dispose de quatre sièges à pourvoir à la Chambre des représentants. Cette configuration attise les ambitions des partis de la majorité comme de l’opposition, dans un contexte marqué par le renouvellement partiel des candidatures et par la volonté de plusieurs formations de consolider ou de reconquérir leur influence locale.
Les partis ayant remporté les quatre sièges lors des élections du 8 septembre 2021 ont choisi de reconduire leurs élus sortants. Mais la configuration du scrutin de 2026 diffère de celle de la précédente échéance. Le Parti de la justice et du développement (PJD), absent de la représentation parlementaire locale depuis cinq ans, tente de relancer sa dynamique en investissant l’ancien ministre Driss El Azami El Idrissi à la tête de sa liste.
Le séisme électoral de 2021
Le scrutin législatif de 2021 avait profondément rebattu les cartes dans cette circonscription. Longtemps dominant à Skhirat-Témara, le PJD y avait subi un revers majeur en échouant à conserver le moindre siège parlementaire. Alors que le parti disposait auparavant de deux députés, il n’avait recueilli que 5 398 voix sous la bannière de son candidat Slimane El Omrani, un score insuffisant pour figurer parmi les quatre premiers. Cette contre-performance avait accompagné la déroute nationale de la formation islamiste.
Les quatre sièges étaient revenus à des partis différents. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) s’était imposé en tête grâce à Rachid El Hamri, crédité de 22 219 voix. Il était suivi par Hassan Aarif, candidat de l’Union constitutionnelle, qui avait obtenu 16 824 suffrages. Mohamed El Hilali, représentant du Parti authenticité et modernité (PAM), avait recueilli 15 545 voix, tandis que Rachid Sajid, pour le Parti de l’Istiqlal, avait décroché le quatrième siège avec 12 877 voix. Le taux de participation avait alors atteint 46,84 % dans la circonscription, un niveau que les formations politiques espèrent dépasser lors du prochain scrutin.
Quand le PJD dominait la circonscription
Cinq ans plus tôt, la situation était radicalement différente. Les élections législatives de 2016 avaient consacré la domination du PJD, alors porté par sa gestion du gouvernement après son arrivée au pouvoir dans le sillage du Printemps arabe de 2011. À Skhirat-Témara, le parti avait remporté deux des quatre sièges en jeu. Conduite par Moh Rejdali, sa liste avait totalisé 38 796 voix, lui assurant une avance confortable sur ses concurrents. Le PAM s’était alors classé deuxième avec 20 010 voix obtenues par Mohamed El Hilali. L’Union constitutionnelle avait conservé son ancrage local grâce à Hassan Aarif, qui avait recueilli 10 740 suffrages. Le RNI, représenté à l’époque par Rachid Sajid, n’avait obtenu que 7 247 voix, tandis que l’Istiqlal, conduit par Mohamed Fouzi Benallal, s’était contenté de 4 351 voix. Aucun de ces deux derniers partis n’était parvenu à décrocher un siège parlementaire.
Une recomposition du paysage électoral
La comparaison entre les scrutins de 2016 et de 2021 illustre les profondes mutations intervenues dans la circonscription. Le RNI apparaît comme le principal bénéficiaire de cette recomposition. Écarté de la représentation parlementaire en 2016 avec 7 247 voix, le parti a réussi cinq ans plus tard à prendre la tête du scrutin grâce aux 22 219 suffrages obtenus par Rachid El Hamri. L’Istiqlal a lui aussi enregistré une progression notable. Après avoir échoué à entrer au Parlement en 2016 avec seulement 4 351 voix, il a conquis un siège en 2021 grâce à Rachid Sajid, qui a rassemblé 12 877 électeurs. À l’inverse, le PJD est passé du statut de première force politique locale à celui de formation sans représentation parlementaire. Entre les 38 796 voix obtenues en 2016 et les 5 398 recueillies en 2021, le recul est particulièrement marqué.
Des candidats déjà en ordre de bataille
À mesure que se rapproche l’échéance législative du 23 septembre 2026, les principales formations politiques ont dévoilé les personnalités chargées de mener la bataille électorale. Le RNI renouvelle sa confiance à Rachid El Hamri, tandis que le PAM mise de nouveau sur Mohamed El Hilali. Le Parti de l’Istiqlal confie sa liste à Rachid Sajid, dans l’espoir de préserver le siège conquis en 2021. Le PJD, pour sa part, joue la carte du retour avec Idriss Azami Al Idrissi, figure nationale du parti et ancien ministre, chargé de reconquérir un électorat qui lui avait largement tourné le dos lors du précédent scrutin. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) sera représentée par Khalil Saâdi, qui ambitionne de capter une partie du vote protestataire. Le Parti de la Renaissance a désigné Mohamed Belkho pour porter ses couleurs. Enfin, Khalid Rahhal défendra celles de l’Alliance de la gauche démocratique, avec l’objectif d’élargir l’assise électorale de sa formation.
Alors que la campagne électorale n’a pas encore officiellement débuté, les forces politiques locales peaufinent leurs stratégies et leurs alliances. Les prochaines semaines devraient être marquées par la publication des listes définitives et par l’organisation des meetings électoraux. Les électeurs de Skhirat-Témara seront appelés aux urnes le 23 septembre 2026 pour départager les candidats et déterminer la nouvelle configuration de la représentation parlementaire de la circonscription.
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