Le chef du gouvernement et ancien président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, est intervenu vendredi soir lors d’une rencontre de communication organisée par son parti à Oujda pour répondre à la controverse suscitée par la fuite d’un enregistrement audio attribué à Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du RNI. Il a estimé que cet enregistrement reflète une réalité que vivent tous les Marocains, tout en insistant sur le caractère démocratique du débat interne au sein des partis politiques.
M. Akhannouch a souligné que les bureaux politiques des partis jouent un rôle central dans la vie politique nationale. Selon lui, tout débat ou opinion exprimés en leur sein concernent directement les personnes concernées et ne doivent pas être portés à la connaissance du public. Il a appelé à préserver le statut de ces instances, avertissant que leur affaiblissement pourrait entraîner la disparition de l’action politique dans le pays.
Liberté d’opinion et décisions collectives
Le leader du RNI a rappelé que la liberté d’opinion et de débat est garantie au sein des partis et de leurs instances dirigeantes. « Celui qui veut dire quelque chose, qu’il le dise », a-t-il déclaré, tout en précisant que les décisions adoptées collectivement s’imposent à tous les membres. Il a également salué le parcours de Rachid Talbi Alami, le décrivant comme une personnalité politique ayant accompli un travail important au Parlement et au sein de la majorité gouvernementale.
Un débat démocratique sur les postes
Aziz Akhannouch a qualifié le débat autour de la répartition des postes de « démocratique », affirmant qu’il témoigne des ambitions légitimes de chacun. Il a expliqué que ce type d’échanges est courant, notamment à l’approche d’une nouvelle étape politique qui exige la définition de priorités claires. « Chacun va dire : je veux ce poste ou je ne veux pas ce poste. C’est un débat. On peut aussi dire que tel poste n’a pas été bien géré, alors confions-le à quelqu’un d’autre », a-t-il précisé.
Processus de formation du gouvernement
Le chef du gouvernement a également rappelé le cadre constitutionnel régissant la formation des coalitions et la nomination des ministres. Il a indiqué qu’après la participation aux élections et l’obtention de résultats, les partis s’engagent dans des négociations en vue de former une coalition. Par la suite, Sa Majesté le Roi choisit le chef du gouvernement, puis les partis proposent les portefeuilles ministériels et les noms des candidats. La décision finale demeure toutefois une prérogative royale exclusive.
Bilan économique et social du gouvernement
Aziz Akhannouch a profité de cette rencontre pour dresser le bilan de l’action gouvernementale. Il a notamment mentionné le programme « Karama », lancé par le RNI, qui vise à apporter des solutions à des problématiques majeures telles que la pauvreté, la gestion de l’eau, le coût de la vie, la santé, l’éducation et l’emploi.
Sur le front de l’emploi, il a annoncé que le gouvernement a permis la création d’environ 750 000 emplois jusqu’en 2025, auxquels s’ajoutent près de 270 000 emplois supplémentaires cette année, portant le total à plus d’un million. Il a affirmé que le gouvernement a tenu ses engagements dans ce domaine.
En ce qui concerne l’inflation, M. Akhannouch a noté une baisse significative, passant de 6 à 6,5 % à environ 0,3 % en 2025. Dans le secteur éducatif, il a indiqué que le projet des Écoles pionnières couvre désormais environ 80 % des établissements ciblés, avec une généralisation attendue d’ici 2027, incluant ensuite l’enseignement secondaire collégial et qualifiant.
Dans le domaine de la santé, le chef du gouvernement a évoqué un vaste programme de formation de médecins et de spécialistes, avec un objectif de 2 000 diplômés d’ici 2029. Il a également souligné une augmentation de 50 % des aides liées à l’État social, attribuant cette progression à une meilleure gouvernance et à la restauration de la confiance dans les institutions.
Aziz Akhannouch a conclu son intervention en appelant à poursuivre la trajectoire actuelle, estimant que plusieurs réformes restent à mener, notamment dans les secteurs clés pour l’avenir du pays.
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