À l’approche des élections législatives, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a réuni ses candidats samedi à Agadir pour la région de Souss-Massa. Les dirigeants du parti ont mis en avant les résultats obtenus depuis leur arrivée au gouvernement, tout en invitant leurs concurrents à présenter leurs propres propositions.
Le parti de la colombe a notamment souligné le soutien direct aux familles, la généralisation de la couverture santé, la revalorisation du salaire minimum et le doublement des budgets alloués à la santé et à l’éducation. La mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement a également été citée par Fatima Zahra Ammor, membre du bureau politique du RNI et ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire.
Le tourisme comme vitrine
Sur le front du tourisme, la ministre a insisté sur le franchissement du seuil des 20 millions de touristes. « Nous ne sommes pas le premier gouvernement à parler de l’objectif de 20 millions de touristes, mais nous sommes bien le premier à avoir atteint ce chiffre », a-t-elle affirmé. À Agadir, elle a également relevé une dynamique touristique différente de celle observée il y a cinq ans, avec un taux d’occupation hôtelière passé de 50 % en 2021 à 71 % sur l’année.
Un programme en trois engagements
Pour Fatima Zahra Ammor, l’expérience gouvernementale a permis au RNI de disposer d’un programme « complet et concret ». Le parti revendique un programme articulé autour de trois engagements et de douze mesures. Le premier porte sur la protection durable du pouvoir d’achat, avec une augmentation des aides sociales en fonction de l’évolution des prix. Le deuxième concerne la qualité des services sur l’ensemble du territoire national. Le troisième vise l’inclusion économique, avec l’objectif de ramener le taux de chômage à 9 % à l’horizon 2030.
Mohamed Chouki défie les partis concurrents
Le président du RNI, Mohamed Chouki, a invité les formations concurrentes à mettre leurs propres propositions sur la table. « Nous attendons toujours les alternatives et les idées pour pouvoir comparer », a-t-il déclaré, citant l’emploi, les politiques de l’eau, la pérennité de la protection sociale et l’accélération de la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh. Selon lui, la confrontation électorale doit porter sur les résultats et les programmes. « Un bilan face à un bilan, un programme face à un programme et un argument face à un argument », a-t-il résumé, estimant que cette approche est de nature à élever le niveau de la politique dans le pays.
Mohamed Chouki a rejeté l’idée que son parti chercherait à présenter son bilan comme étant « au-dessus de tout débat ou de toute critique ». Il entend au contraire le confronter à celui des gouvernements précédents.
Le PAM en ligne de mire
Sans citer directement le Parti authenticité et modernité (PAM), Mohamed Chouki a insisté sur ce qui distingue, selon lui, un parti solidement implanté sur le terrain d’une formation qui chercherait à se présenter comme favorite à l’approche des élections. « Un parti fort n’est pas celui qui attend les élections pour rechercher la gloire, mais celui qui investit pendant des années dans son organisation, sur le terrain, dans la proximité et dans l’écoute », a-t-il souligné. Il a ajouté que son parti « n’est pas un ensemble de noms réunis autour d’une échéance électorale », mais une formation qui « investit dans ses militants et construit ses programmes ».
Cette séquence intervient dans un contexte marqué par l’arrivée de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et ministre délégué chargé du Budget, au sein du PAM. Ce ralliement a alimenté des commentaires sur les ambitions de la formation du tracteur en vue de la prochaine majorité gouvernementale.
Mohamed Chouki a adressé un message à ceux qui chercheraient déjà à se présenter comme les futurs vainqueurs. « Personne, quel que soit son statut politique, ne peut se présenter en vainqueur avant que le citoyen n’ait dit son mot », a-t-il lancé. Il s’est toutefois dit favorable à une critique politique objective, y compris lorsqu’elle vise un ministre ou le chef du gouvernement. « Les Marocains savent faire la différence entre ceux qui veulent arriver en tête par leurs réalisations et ceux qui cherchent seulement à se donner une image de vainqueur », a-t-il ajouté.
Le meeting d’Agadir a également mis l’accent sur la place des femmes et des jeunes dans le projet du RNI, sans que des annonces spécifiques n’aient été faites sur ce point.
Les prochaines semaines devraient être marquées par la présentation des programmes détaillés des différents partis en vue des élections législatives. Le RNI entend poursuivre sa campagne sur la base de son bilan gouvernemental, tandis que le PAM cherche à consolider ses positions après l’arrivée de Fouzi Lekjaa.
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