Élections législatives 2026 : le RNI propose un milliard de dirhams pour généraliser l’amazigh

Élections législatives 2026 : le RNI propose un milliard de dirhams pour généraliser l’amazigh

Le parti du Rassemblement national des indépendants (RNI) a dévoilé, dans son programme électoral pour la période 2026-2031, une stratégie complète visant à renforcer l’officialisation de la langue amazighe au Maroc. Cette initiative, présentée comme une priorité administrative et éducative, prévoit notamment la création d’un fonds dédié doté de plus d’un milliard de dirhams pour accompagner la généralisation de la langue dans les services publics et l’enseignement.

Selon le document rendu public par la formation politique présidée par Mohamed Chaouki, cette mesure s’inscrit dans la continuité des efforts engagés lors du précédent quinquennat. L’objectif affiché est de consolider les acquis institutionnels en matière de reconnaissance de l’amazigh, conformément aux dispositions constitutionnelles relatives aux langues officielles du Royaume.

Un fonds pour financer la mise à niveau institutionnelle

Le RNI propose de porter la dotation du Fonds d’accompagnement de l’officialisation de l’amazigh à plus d’un milliard de dirhams. Cette enveloppe financière, précise le programme, doit permettre de couvrir le recrutement massif d’enseignants spécialisés, la formation continue des fonctionnaires, la production de supports pédagogiques bilingues et le développement de contenus d’accueil dans toutes les administrations publiques.

La mesure vise à répondre aux besoins concrets de la mise en œuvre de l’officialisation, qui nécessite des ressources humaines qualifiées et des outils adaptés. Elle s’inscrit dans un calendrier électoral, les élections législatives étant prévues en 2026, mais son application effective dépendra du résultat des urnes et de la composition du futur gouvernement.

Renforcer la présence de l’amazigh dans le système éducatif

Dans le domaine éducatif, le programme prévoit une augmentation significative du nombre de postes ouverts aux concours pour les enseignants spécialisés en amazigh. L’objectif est d’assurer une couverture nationale effective dans l’ensemble des cycles d’enseignement, du primaire au secondaire. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement du modèle des « Écoles pionnières », qui vise à améliorer la qualité de l’enseignement au Maroc.

La maîtrise de la langue amazighe est présentée comme un pilier du parcours scolaire. Le parti prévoit ainsi de généraliser son enseignement progressivement, en fonction des capacités de formation et des disponibilités budgétaires.

L’amazigh dans les services publics et les administrations

Au-delà de l’école, le RNI entend faire de l’amazigh une langue d’usage effectif dans l’administration publique. Le projet prévoit la création de cellules administratives permanentes au sein des ministères, des établissements publics et des collectivités territoriales. Ces structures seraient chargées de piloter la transition linguistique, d’élaborer des plans d’action annuels et de mesurer la progression de l’utilisation de l’amazigh à l’aide d’indicateurs de performance.

Concrètement, cette mesure se traduirait par l’obligation de proposer un accueil bilingue dans les guichets publics, la traduction systématique de la documentation officielle et l’intégration du tifinagh sur la signalétique administrative et les supports d’information destinés aux citoyens.

Cette orientation implique des changements organisationnels importants et nécessitera la formation d’un grand nombre d’agents publics, ce qui constitue l’un des défis majeurs de la réforme.

La transformation numérique comme levier d’équité territoriale

L’intégration de la langue amazighe est également prévue dans le cadre de la transformation numérique de l’État. Le RNI s’engage à rendre accessibles en amazigh les portails électroniques, les plateformes de démarches en ligne et les applications mobiles des services publics. Cette mesure vise à garantir un accès égal aux prestations administratives pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence ou leur équipement numérique.

La digitalisation des services publics étant un chantier en cours, l’ajout d’une version amazighe pourrait contribuer à réduire les disparités territoriales et à rapprocher l’administration des usagers. Les modalités précises de ce volet, notamment en termes de calendrier et de méthodologie, ne sont pas détaillées dans le programme.

Cette annonce intervient dans un contexte politique marqué par la préparation des échéances électorales de 2026. Le RNI, qui dispose d’une majorité relative au Parlement, cherche à capitaliser sur son bilan et à élargir son électorat en mettant en avant des engagements chiffrés en matière de diversité linguistique.

Il reste à voir si cette proposition sera intégrée dans le prochain cadre législatif et budgétaire, et dans quelles mesures les ressources financières seront effectivement mobilisées. Les observateurs notent que la question linguistique demeure sensible dans le pays, entre attachement à l’amazighité et nécessité de préserver l’unité nationale.

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