La Fédération démocratique du travail (FDT), centrale syndicale affiliée à l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a affiché dimanche sa volonté de peser dans la campagne électorale à venir. Lors d’une rencontre nationale des cadres syndicaux du parti, tenue en présence du premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, le secrétaire général de la FDT, Youssef Aïdi, a souligné que les militants syndicaux pouvaient « apporter beaucoup » à leur formation politique lors du prochain scrutin.
Youssef Aïdi, qui est également membre du bureau politique de l’USFP, est revenu sur une période qu’il a qualifiée de marquée par le doute au sein des structures du parti et de son organisation syndicale. « Le parti, ses organisations sectorielles et ses structures ont subi plusieurs revers au cours des dernières années », a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de militants de la FDT.
Selon lui, ces difficultés ont entraîné une perte de confiance chez certains militants. « Cela nous a fait entrer dans une période de doute, au point que nombre de militants dans les secteurs syndicaux craignaient d’annoncer leur appartenance au parti », a-t-il expliqué, ajoutant : « Nous n’avions pas le courage de proclamer notre appartenance au parti. »
Un travail de reconstruction engagé depuis le quatrième congrès
Youssef Aïdi a indiqué qu’un effort de reconstruction a été entrepris depuis le quatrième congrès de la FDT afin de surmonter cette situation. « Nous avons avancé avec clarté, vision et sincérité grâce aux militantes et militants, et avec le soutien du premier secrétaire », a-t-il affirmé. Cette dynamique aurait contribué à la réussite des congrès provinciaux de la centrale, au rétablissement de la confiance parmi ses membres et au renforcement de son organisation.
Le responsable syndical estime que la phase de discrétion est désormais révolue. « Nous ne sommes plus dans cette situation où nous étions cachés », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous sommes des ittihadis et nous l’affirmons avec fierté. » Il a par ailleurs souligné que l’USFP n’a jamais été accusé « d’avoir vendu ou marchandé les intérêts du peuple marocain ou de la classe moyenne ».
Une mise en garde contre les promesses électorales
Dans un registre offensif, Youssef Aïdi a repris une formule de Driss Lachgar : « Ceux qui nous cherchent, nous trouveront. » Il a assuré que son camp disposait « des outils et des capacités de plaidoyer nécessaires pour faire face à la campagne de désinformation à laquelle est confronté le peuple marocain ».
Le dirigeant syndical a également critiqué ce qu’il considère comme une inflation de promesses électorales de la part de certaines formations politiques. Sans nommer directement le Rassemblement national des indépendants (RNI) ni le Parti authenticité et modernité (PAM), il a dénoncé « un parti qui promet un salaire minimum de 5.000 dirhams, auquel un autre répond : “nous le mettrons en place dès demain” ».
La FDT entend capitaliser sur son ancrage local
Face à ces discours, la FDT compte mener la bataille électorale « avec clarté, confiance et sincérité », en s’appuyant sur son implantation territoriale. Le secrétaire général de la centrale a rappelé que chaque militant dispose d’un ancrage local et d’un réseau de proximité susceptible d’élargir l’audience du parti.
Youssef Aïdi s’est dit convaincu que les cadres syndicaux de l’USFP seront « les meilleurs ambassadeurs » de leur formation politique en vue de la prochaine consultation électorale, avec pour objectif de contribuer à la victoire du parti.
La rencontre intervient à quelques semaines des échéances électorales, marquant une volonté affichée de la FDT de renforcer son rôle dans la campagne et de réaffirmer publiquement son appartenance à l’USFP. Les prochains jours devraient voir se multiplier les initiatives de la centrale syndicale pour mobiliser ses troupes et défendre les positions du parti sur le terrain.
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