L’Islande convoque l’ambassadeur américain après une carte publiée par Donald Trump

L’Islande convoque l’ambassadeur américain après une carte publiée par Donald Trump

Reykjavik, le 17 septembre 2025, le ministère islandais des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur des États-Unis, Billy Long, pour protester contre une publication du président américain Donald Trump sur son réseau social Truth Social. La publication en question montrait une carte incluant l’Islande dans le territoire américain, une représentation jugée « totalement inappropriée » par les autorités islandaises.

Une réaction diplomatique ferme

Selon un porte-parole du ministère islandais, la ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a rencontré l’ambassadeur américain lundi pour lui exprimer clairement le mécontentement de Reykjavik. Le message a été transmis à l’Agence France-Presse (AFP), soulignant la gravité de l’incident aux yeux du gouvernement islandais. La carte publiée par Donald Trump représente les États-Unis, l’Amérique centrale, le Canada, le Groenland et l’Islande, tous recouverts du drapeau américain, sans aucune légende explicative.

Cette action diplomatique survient dans un contexte où les relations entre l’Islande et les États-Unis sont historiquement étroites, notamment en matière de défense. Depuis son indépendance en 1944, l’Islande ne dispose pas d’armée nationale et repose sur l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ainsi que sur un accord bilatéral de défense signé avec les États-Unis en 1951 pour garantir sa sécurité.

Des précédents et des tensions régionales

Ce n’est pas la première fois que le président américain exprime un intérêt pour les territoires nordiques. En janvier 2025, Donald Trump avait déjà confondu l’Islande avec le Groenland, territoire autonome danois dont la côte est située à moins de 300 kilomètres de l’Islande. Ses déclarations répétées sur une éventuelle acquisition du Groenland ont suscité des inquiétudes dans la région, bien que les relations bilatérales entre Reykjavik et Washington n’aient pas été officiellement remises en cause.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a réagi aux publications américaines lors d’une visite au Groenland, en déclarant aux médias locaux : « Le gouvernement et le peuple groenlandais ont répété à maintes reprises qu’ils ne souhaitaient pas devenir américains. » Elle a ajouté, selon l’agence de presse Ritzau : « Nous pouvons certainement réitérer ce message aujourd’hui. »

Le contexte politique islandais

Cette affaire intervient alors que les Islandais ont récemment réaffirmé leur attachement à leur modèle politique et économique. Le 29 août 2025, ils ont rejeté par référendum une reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE). Ce choix confirme la volonté de préserver le statu quo, qui combine une intégration économique via l’Espace économique européen (EEE) et une coopération de défense avec l’OTAN et les États-Unis.

La convocation de l’ambassadeur américain montre que le gouvernement islandais entend défendre sa souveraineté et sa représentation territoriale face à des déclarations jugées irrespectueuses, tout en maintenant un dialogue diplomatique avec Washington.

Les prochaines semaines pourraient être marquées par des éclaircissements officiels de la part de l’ambassade des États-Unis à Reykjavik, ainsi que par d’éventuelles consultations entre les autorités islandaises et leurs partenaires de l’OTAN sur les implications de cette controverse. Le gouvernement islandais devrait également surveiller toute nouvelle communication de la présidence américaine susceptible d’affecter les relations bilatérales.

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