Le Premier ministre canadien Mark Carney a exprimé jeudi son soutien à l’idée que son pays devienne le premier membre associé de l’Union européenne, lors d’une allocution devant le Parlement européen à Strasbourg. Il a affirmé que le Canada et l’Union européenne étaient « plus forts ensemble », selon des déclarations rapportées par les médias internationaux.
« Le Canada accueille favorablement cette ambition, et je peux vous dire que les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens soutient des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe », a déclaré Mark Carney devant les eurodéputés, qui l’ont longuement applaudi.
Le chef du gouvernement canadien a insisté sur les valeurs communes qui unissent les deux blocs. Il a décrit le partenariat entre l’Europe et le Canada comme fondé sur « des graines, des valeurs, des idées, des échanges commerciaux, des personnes et des progrès qui traversent l’Atlantique dans les deux sens depuis des siècles ».
« Nous ne sommes pas des alliés de circonstance. Nous ne recherchons pas des accords à somme nulle », a-t-il ajouté, réaffirmant la profondeur historique et structurelle de la relation transatlantique.
Une proposition de la Commission européenne
La veille, mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé que le Canada puisse devenir le premier pays à obtenir le statut de « membre associé » de l’Union européenne. Elle s’exprimait à l’occasion de son discours de rentrée devant les eurodéputés, en présence de Mark Carney, invité d’honneur.
Ursula von der Leyen a également suggéré que le Canada rejoigne le futur « Conseil européen de sécurité », une instance qu’elle appelle de ses vœux dans le cadre du renforcement de la coopération européenne en matière de défense et de sécurité.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bruxelles. Le président américain Donald Trump a réagi mercredi en menaçant de rompre les échanges commerciaux avec l’Union européenne, selon des propos rapportés par plusieurs agences de presse.
Des implications pour les partenariats internationaux
La proposition d’un statut de membre associé pour le Canada représente une évolution institutionnelle inédite pour l’Union européenne. Ce statut n’existe pas encore formellement dans les traités européens et nécessiterait des mécanismes juridiques et politiques spécifiques pour être mis en œuvre.
Pour le Canada, un rapprochement institutionnel avec l’Union européenne pourrait diversifier ses partenariats économiques et diplomatiques, dans un contexte où ses relations commerciales avec les États-Unis connaissent des perturbations.
L’Union européenne, de son côté, cherche à consolider ses alliances face aux incertitudes commerciales mondiales. Le Canada, avec lequel l’UE a conclu un accord de libre-échange complet et approfondi, constitue un partenaire de longue date sur les plans économique, politique et culturel.
La question du statut de membre associé et de la participation du Canada au Conseil européen de sécurité devra toutefois faire l’objet de discussions approfondies entre les institutions européennes et les États membres. Aucun calendrier officiel n’a été annoncé à ce stade.
Perspectives
Les prochaines étapes dépendront des discussions au sein des institutions européennes et des consultations entre les États membres de l’Union européenne. La Commission européenne devra préciser les modalités juridiques et politiques d’un tel statut avant toute avancée concrète. Le Canada, de son côté, a signifié son ouverture à poursuivre le dialogue sur le renforcement de ses liens avec l’Europe.
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