Rapport de l’ONU : les États-Unis accusés de crimes de guerre en Iran après la frappe d’une école à Minab

Rapport de l’ONU : les États-Unis accusés de crimes de guerre en Iran après la frappe d’une école à Minab

Une mission internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a conclu qu’il existe des « raisons suffisantes » de considérer que des crimes de guerre ont été commis par les États-Unis en Iran en février dernier, selon un rapport présenté jeudi à Genève. Les enquêteurs estiment notamment que la frappe ayant visé une école à Minab, dans le sud du pays, pourrait constituer une violation du droit international humanitaire.

Cette attaque, l’une des plus meurtrières documentées par la mission, a fait plus de 150 victimes, dont environ 120 élèves. Selon le rapport, l’établissement scolaire était clairement identifiable au moment de la frappe, ce qui renforce la thèse d’une violation des obligations découlant du droit international humanitaire.

Une seconde frappe américaine qualifiée d’indiscriminée

La Mission internationale d’établissement des faits sur l’Iran indique qu’une autre frappe américaine, menée à l’aide de missiles de précision contre des infrastructures civiles à Lamerd, a provoqué la mort de plus de 20 personnes. Des nuages de tungstène auraient été dispersés lors de cette attaque.

Les enquêteurs qualifient les deux opérations d’« indiscriminées ». Ils considèrent que ces actions soulèvent des questions sérieuses quant au respect du principe de distinction entre objectifs militaires et biens de caractère civil, l’un des fondements du droit international humanitaire.

Des accusations visant également Téhéran

Le rapport ne porte pas uniquement sur les opérations américaines. Les enquêteurs accusent également les autorités iraniennes d’avoir poursuivi des actes susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité, notamment des exécutions, des détentions arbitraires et des actes de torture.

La répression des manifestations qui se sont déroulées à la fin de 2025 et en 2026 aurait atteint un niveau qualifié d’« sans précédent ». Les forces de sécurité auraient fait un usage massif d’armes létales contre les rassemblements.

Entre mars et août, près de 30 personnes auraient été exécutées en lien avec les manifestations. Plus de 70 autres seraient susceptibles de subir le même sort, selon les enquêteurs. Le rapport précise que la répression a touché l’ensemble du pays, avec un nombre particulièrement élevé de victimes à Téhéran et dans quatre autres grandes villes.

Des membres des forces de sécurité auraient notamment tiré sur les foules depuis des toits à l’aide d’armes d’assaut, selon les mêmes sources.

Des enfants et des soignants parmi les victimes

La Mission fait également état de la mort d’enfants, certains âgés d’à peine deux ans. Des établissements de santé auraient par ailleurs été ciblés par les forces de sécurité.

Des manifestants blessés auraient été arrêtés et frappés alors qu’ils recevaient des soins. Des professionnels de santé auraient eux aussi été interpellés. Selon les enquêteurs, ces pratiques ont contribué à dissuader certaines personnes blessées de se rendre dans les hôpitaux par crainte d’être arrêtées.

Le rapport évoque également une coupure d’Internet ayant duré plus de cinq mois, présentée comme la plus longue période de ce type jamais documentée par la Mission.

Des dizaines de milliers de personnes auraient été arrêtées et détenues arbitrairement. Dans certains cas, leurs proches seraient restés sans nouvelles, alimentant les inquiétudes concernant de possibles disparitions forcées.

Les autorités iraniennes auraient aussi retardé ou refusé la restitution de corps aux familles. Des proches auraient été contraints de verser de l’argent ou de faire de fausses déclarations pour récupérer les dépouilles.

Appels au respect du droit international

Face à cette situation, les enquêteurs demandent à Washington et à Téhéran de mettre immédiatement fin à leurs affrontements. Ils appellent les deux parties à respecter leurs obligations au regard du droit international.

Le rapport doit désormais être examiné par les instances compétentes du Conseil des droits de l’homme. Ses conclusions pourraient alimenter les débats sur d’éventuelles poursuites devant les juridictions internationales. Aucun calendrier officiel n’a toutefois été annoncé à ce stade.

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