Sécurité maritime : l’OMI exhorte les États à protéger les navires marchands et les équipages

Sécurité maritime : l’OMI exhorte les États à protéger les navires marchands et les équipages

Le Secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a appelé cette semaine les États membres à mettre fin aux attaques visant les navires de commerce et les marins, lors d’une intervention devant le Sous-comité du transport des cargaisons et des conteneurs. Il a exhorté les gouvernements à renoncer à toute action susceptible de mettre en danger la navigation commerciale et la vie des équipages.

Devant les délégués réunis au siège de l’agence onusienne, M. Dominguez a mis en garde contre les répercussions croissantes des tensions géopolitiques sur le transport maritime mondial. Il a déploré une année particulièrement difficile pour le secteur, marquée par des crises géopolitiques, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des pertes humaines parmi les marins.

Des zones à haut risque pour la navigation commerciale

En mer Noire et en mer d’Azov, des attaques contre la navigation internationale auraient causé des dizaines de morts ces derniers mois, sans que les bilans puissent être vérifiés de manière indépendante. Dans le détroit d’Ormuz, la crise atteint un niveau inédit : 2 000 navires et 20 000 marins ont été touchés dès les premiers jours du conflit.

Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, le 28 février, l’OMI a recensé 80 attaques contre la navigation dans cette zone. Ces incidents ont coûté la vie à au moins 22 marins et fait de nombreux blessés.

En mer Rouge, les attaques ont également repris. La dernière en date, menée par les Houthis contre un navire marchand le 11 août, a fait quatre morts. Ces menaces s’accumulent sur des routes commerciales stratégiques, alors que, selon M. Dominguez, elles ne sont pas le fait d’un seul acteur.

Un impact qui dépasse le secteur maritime

« Dans le détroit d’Ormuz, ce n’est pas un seul pays qui attaque les navires marchands. En mer Noire et en mer d’Azov, ce n’est pas un seul pays qui attaque les navires marchands », a déclaré le Secrétaire général de l’OMI. Il a reconnu que le traitement des causes profondes de ces conflits géopolitiques dépasse le mandat de l’organisation, tout en soulignant que leurs effets sur le commerce maritime mondial sont désormais manifestes.

« Les conséquences s’étendent bien au-delà du secteur maritime, affectant les économies, les chaînes d’approvisionnement et la vie quotidienne », a-t-il ajouté. Il a donc invité les diplomates à porter ces conséquences à l’attention de leurs gouvernements et des instances internationales compétentes, afin que la question puisse être traitée au sein des Nations Unies, le cas échéant.

Le Secrétariat de l’OMI indique se tenir prêt à contribuer à l’élaboration de solutions viables pour le secteur du transport maritime, que les États membres pourront proposer aux niveaux technique et opérationnel. La responsabilité de traiter les causes profondes demeure toutefois politique.

« Il vous appartient, ainsi qu’à vos capitales et aux instances compétentes des Nations Unies, de vous attaquer aux causes profondes et de trouver des solutions », a conclu M. Dominguez à l’adresse des délégués.

Prochaines étapes et suivi international

Les appels du Secrétaire général de l’OMI devraient être relayés par les États membres auprès des instances onusiennes compétentes. Le Secrétariat de l’organisation se dit disponible pour accompagner les discussions techniques et opérationnelles visant à renforcer la sécurité des routes maritimes. Aucun calendrier précis n’a toutefois été annoncé concernant d’éventuelles mesures concrètes au niveau international.

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