La délégation marocaine au Parlement panafricain a officiellement rejeté les résultats de l’élection du nouveau président de l’institution, remportée par un candidat algérien, et a annoncé son boycott du processus électoral, dénonçant de graves irrégularités juridiques et procédurales. Les faits se sont déroulés du 28 au 30 avril 2026 au siège du Parlement panafricain à Midrand, en Afrique du Sud, où devaient être élus le président et quatre vice-présidents pour la septième législature, après la fin du mandat du sixième bureau le 28 février 2026.
Dans un communiqué et une lettre de protestation officielle adressée au président de la Commission de l’Union africaine ainsi qu’au conseiller juridique de l’Union, la délégation marocaine a énuméré et documenté plusieurs violations qu’elle qualifie de « manquements majeurs ». Elle dénonce notamment une « atteinte au principe de neutralité » lors des réunions du groupe d’Afrique du Nord, tenues en marge de la session les 28 et 29 avril. Selon Rabat, l’administration serait intervenue de manière « illégitime et flagrante » dans l’orientation des travaux.
La délégation marocaine affirme que des agents de sécurité ont été déployés durant les procédures, ce qu’elle interprète comme une « tentative manifeste d’influencer le déroulement de la réunion et d’imposer un fait accompli ». Elle déplore également « l’imposition d’une procédure de vote sans base légale » et « le non-respect du principe de consensus », pourtant central dans le fonctionnement de l’institution.
Face à ces irrégularités, la délégation a décidé de boycotter le processus électoral lié à cette procédure qu’elle juge « illégale ». Dans sa correspondance, elle indique rejeter les résultats de l’élection, qu’elle considère « dépourvus de fondement juridique ». Elle appelle à une « intervention urgente » pour faire respecter les règles régissant l’organisation continentale et garantir leur application, afin de préserver la crédibilité du Parlement africain en tant qu’institution consultative.
Contexte de tensions diplomatiques
Cette situation s’inscrit dans un climat de rivalité persistante entre le Maroc et l’Algérie au sein des instances panafricaines. Rabat estime que les « lobbies algériens » cherchent à peser sur les équilibres institutionnels, notamment sur des dossiers à forte portée stratégique. La délégation marocaine insiste sur la nécessité de respecter les règles juridiques et institutionnelles qui encadrent le Parlement panafricain, afin de garantir une élection transparente et crédible du bureau de la septième législature.
Le Maroc a également exprimé son « profond mécontentement face à toute tentative d’imposer un fait accompli », et appelle à ce que les procédures soient conformes aux textes fondateurs de l’Union africaine.
Prochaines étapes et réactions attendues
À ce stade, aucune réponse officielle de la Commission de l’Union africaine n’a été rendue publique. La délégation marocaine attend une intervention urgente pour clarifier la validité juridique du scrutin et, le cas échéant, organiser de nouvelles élections dans le respect des règles. Les observateurs estiment que ce contentieux pourrait être examiné lors de la prochaine session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, prévue dans les mois à venir.
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