Sahara : Washington intensifie la pression et appelle Alger à un « engagement constructif »

Sahara : Washington intensifie la pression et appelle Alger à un « engagement constructif »

L’administration américaine a haussé le ton sur le dossier du Sahara marocain lors d’un entretien entre le conseiller spécial du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, et l’ambassadeur algérien à Washington, Sabri Boukadoum. La rencontre, qui s’est déroulée en présence du chargé d’affaires américain à Alger, s’inscrit dans une séquence diplomatique active menée par Washington autour du conflit régional.

Selon un communiqué relayé par l’ambassade des États-Unis en Algérie, les discussions ont porté sur plusieurs questions régionales et bilatérales, notamment la coopération sécuritaire, les relations économiques et les perspectives d’un règlement politique. Massad Boulos a estimé que le moment était venu d’aboutir à une solution définitive, réaffirmant le soutien de Washington à un « engagement constructif » entre les parties pour parvenir à une solution consensuelle conforme à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Adopté fin 2025, ce texte consacre l’approche basée sur le réalisme politique et le format des tables rondes défendu par le Maroc. Le responsable américain a également salué les efforts diplomatiques de l’Algérie en matière de sécurité régionale, tout en rappelant l’importance de son implication dans la recherche d’une issue politique durable.

Une implication directe de l’Algérie recherchée

La formulation employée par Washington confirme la volonté américaine d’installer Alger au cœur du processus, alors que Rabat insiste depuis plusieurs années sur la responsabilité directe de l’Algérie dans ce différend régional. Les autorités marocaines défendent une version élargie de leur initiative d’autonomie, intégrant des institutions locales dotées de compétences étendues, avec un exécutif régional, un parlement local et des mécanismes de gestion territoriale sous souveraineté marocaine.

Rabat met en avant la logique de « réalisme politique » qui gagne progressivement du terrain au sein de plusieurs chancelleries occidentales et au Conseil de sécurité, où l’option de l’autonomie apparaît de plus en plus comme la base centrale d’une solution négociée.

Des intérêts stratégiques américains en Afrique du Nord et au Sahel

Outre le dossier du Sahara, Washington cherche à consolider ses intérêts stratégiques en Afrique du Nord et au Sahel. Les autorités américaines ont mis en avant le développement des relations économiques avec Alger, où plus de 120 entreprises américaines sont actuellement implantées, notamment dans le secteur énergétique.

Les discussions ont également porté sur le renforcement de la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays dans un contexte régional marqué par les tensions au Sahel et les préoccupations liées à la stabilité régionale.

Vers une phase décisive des négociations

Cette séquence diplomatique intervient alors que plusieurs capitales s’attendent à une phase décisive des discussions dans les prochains mois. Des négociations sont annoncées à Washington courant mai pour prolonger les échanges engagés à Madrid en février dernier. Selon plusieurs observateurs, l’administration américaine souhaite parvenir à un accord-cadre avant l’automne.

Cette orientation est portée par des responsables influents de la diplomatie américaine, parmi lesquels Christopher Landau et Massad Boulos, convaincus que le conflit ne peut plus rester figé pendant des décennies. « La situation ne peut pas attendre cinquante années supplémentaires », avait récemment résumé Landau, traduisant l’impatience grandissante de Washington face à un dossier considéré comme un facteur de blocage régional.

Les prochains mois devraient être décisifs, avec des discussions attendues à Washington en mai et un objectif d’accord-cadre avant l’automne, selon des sources diplomatiques.

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