Réforme universitaire : Azzedine El Midaoui plaide pour une adaptation des cursus au marché de l’emploi

Réforme universitaire : Azzedine El Midaoui plaide pour une adaptation des cursus au marché de l’emploi

Devant les députés, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a défendu la capacité des universités marocaines à s’adapter aux mutations numériques et aux nouvelles exigences du marché de l’emploi. Il a reconnu les disparités persistantes entre établissements tout en mettant en avant une réforme en cours visant à repenser l’organisation du système universitaire marocain, confronté à des défis structurels liés à la massification des effectifs.

Une adaptation constante face aux transformations numériques

« Les universités marocaines ont toujours été au rendez-vous », a affirmé le ministre devant les parlementaires. Il a souligné que les diplômés des écoles d’ingénieurs marocaines sont désormais recherchés à l’international. Selon lui, les établissements universitaires ainsi que les enseignants accompagnent « de manière importante » les transformations numériques, sociétales et internationales qui redessinent aujourd’hui les besoins en formation.

Dans ce contexte, les programmes pédagogiques font l’objet d’actualisations permanentes afin de rester en phase avec les évolutions du marché du travail. Le responsable gouvernemental a cependant reconnu que les difficultés auxquelles fait face l’université marocaine ne relèvent pas uniquement du contenu des formations, mais concernent également la gouvernance et l’organisation même des établissements.

Une refonte structurelle pour faire face à la massification

Le ministère travaille sur un projet de réforme globale de l’enseignement supérieur prenant en considération la taille des universités et le nombre d’étudiants qu’elles accueillent. Certaines universités marocaines concentrent à elles seules près de 55 % des effectifs estudiantins au niveau national, a rappelé le ministre. Il estime qu’il est difficile d’exiger d’elles les mêmes performances que celles enregistrées par des universités aux capacités plus limitées.

La massification constitue, selon lui, l’un des principaux obstacles à l’amélioration de la qualité de la formation universitaire. Pour y répondre, le ministère a engagé un chantier de restructuration visant notamment les facultés de droit, d’économie et les facultés pluridisciplinaires, connues pour accueillir des effectifs particulièrement élevés. L’objectif affiché est double : améliorer les conditions d’études et renforcer la qualité des formations dispensées.

Le gouvernement envisage également de diviser certaines grandes universités et de créer de nouveaux établissements afin de rendre les universités marocaines « d’une taille raisonnable et capables de soutenir la concurrence internationale ». Azzedine El Midaoui a illustré cette situation par une comparaison avec les établissements les mieux classés au niveau mondial, qui comptent généralement entre 20 000 et 30 000 étudiants, alors que certaines universités marocaines dépassent les 100 000 inscrits.

Polémique autour des intitulés de master : une diversité assumée

Le ministre est également revenu sur la polémique entourant la multiplicité des intitulés des formations de master au sein des universités marocaines. Une controverse qu’il a relativisée en estimant que les standards internationaux reposent davantage sur la diversité académique que sur l’uniformisation des cursus. « Les universités européennes et américaines adoptent des appellations différentes pour des formations similaires, et cette diversité constitue une valeur ajoutée plutôt qu’un défaut », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur le fait que le ministère n’intervient ni dans le contenu ni dans les dénominations des formations, celles-ci étant validées à travers des procédures académiques impliquant les filières, les commissions pédagogiques, les conseils universitaires ainsi que l’Agence nationale d’assurance qualité et d’évaluation. Pour le ministre, le véritable enjeu réside moins dans l’intitulé des diplômes que dans leur adéquation avec les besoins du marché de l’emploi et les spécialités recherchées à l’échelle internationale. « L’emploi n’est plus aujourd’hui uniquement local ou national, il est devenu international. Certaines appellations apportent ainsi une valeur ajoutée aux diplômés », a-t-il expliqué.

Accès ouvert et sélection : des nuances apportées

Sur la question des facultés à accès ouvert, souvent critiquées pour leur surcharge, le ministre a tenu à nuancer. Le concept d’« accès ouvert », a-t-il assuré, ne signifie pas absence de sélection. Certaines formations fonctionnent déjà selon un système de sélection limitée ou à travers des licences d’excellence.

Le responsable gouvernemental a enfin insisté sur le caractère permanent de la réforme universitaire, estimant que l’université est désormais contrainte de s’adapter continuellement aux transformations rapides de la société et de l’économie. Dans cette perspective, le ministère a renforcé la place des langues étrangères, en particulier l’anglais, au sein des cursus universitaires. Il poursuit également l’intégration de la numérisation et de l’intelligence artificielle dans les programmes de licence et de master, tout en généralisant le système des crédits capitalisables afin de faciliter la mobilité des étudiants entre les filières et de réduire le décrochage universitaire.

Azzedine El Midaoui a laissé entendre que le processus de réforme se poursuivra dans les prochains mois, avec des annonces concrètes attendues sur la restructuration des grandes universités et la création de nouveaux établissements, dans le but d’améliorer la compétitivité du système universitaire marocain à l’échelle internationale.

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